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Les masques

★Dans cette vidéo, je présente brièvement la situation de l’épidémie de coronavirus en France (au 15 octobre 2020), puis je donne des pistes de réflexion pour débattre de l’usage du masque, si mal-aimé en France alors qu’il est un accessoire banal et quotidien au Japon.
✬In this video, I briefly present the situation of the coronavirus epidemic in France (as of October 15, 2020), then I give some food for thought to discuss the use of the mask, so unloved in France whereas it is a banal and daily accessory in Japan.
☆この動画では、フランスにおけるコロナウィルスの感染状況(2020年10月15日現在)を簡単に紹介します。また、マスクの着用についてディスカッションするための手がかりとなる考察を提供します。日本ではありふれた日常的なアクセサリーであるマスクですが、フランスでは敬遠されています。

Sommaire

  1. Objectifs pédagogiques
  2. Mode d’emploi
  3. Vocabulaire important
  4. Point de grammaire
  5. Vidéo
  6. Transcription
  7. Questions
  8. Réponses aux questions de compréhension (page 2)

Objectifs pédagogiques

  1. S’informer sur la situation sanitaire en France
  2. S’approprier le lexique en lien avec la crise sanitaire
  3. Réfléchir sur les usages du masque
  4. Travailler les prépositions à et de, et quelques autres

Mode d’emploi

  1. Vérifier le vocabulaire important.
  2. Familiarisez-vous avec les éléments de grammaire.
  3. Regardez la vidéo (les sous-titres français, anglais et japonais sont disponibles). La transcription est visible sous la vidéo pour vous aider.
  4. Enfinrépondez aux questions posées en bas de la page ! Vous trouverez d’abord des questions de compréhension corrigées (page 2), puis des questions ouvertes, sans réponses, pour la discussion.

Le vocabulaire important

Quels mots connaissez-vous ? Lesquels ne connaissez-vous pas ?

protéger, se protéger, la protection
une infection
une épidémie
la contamination
la propagation
préconiser, -préconisé(e)
préoccuper, – préoccupant(e)
rendre obligatoire
imposer
commettre une infraction
respecter la loi
verbaliser
une amende
un confinement
être réfractaire
être récalcitrant
une connotation

Un point de grammaire

à et de

La préposition à peut marquer :

  1. l’appartenance après un verbe ou avant un pronom
  2. la manière après un nom
  3. l’utilité
  4. la destination ou le point d’arrivée (temps et espace) ou un lieu où quelque chose est
  5. le moment
  6. un ingrédient qui rend un plat spécifique.

Ce ruban est à Sophie. / Cette écharpe est à moi.
Une cuillère à soupe.
Une planche à découper (les légumes).
Je vais à Tunis / Le Louvre est à Paris.
Nous avons rendez-vous à 14 heures.
Une tarte aux (à+les) fraises.

La préposition de exprime :

  1. l’appartenance entre deux noms, un nom et un pronom, ou un pronom et un pronom/nom
  2. la provenance ou le point de départ (temps et espace)
  3. le contenu
  4. la cause après un verbe,
  5. l’aliment transformé pour faire un plat.

Le cartable de Jean / Le sac de ma sœur / Ce chien, c’est celui de la voisine.
Ce fromage vient de France / Le magasin est ouvert du (de+le) mardi au dimanche.
Un verre de bière.
Je vais mourir de rire.
Une soupe de tomates.

Certains verbes fonctionnent avec à ou de (parfois les deux et ont alors un sens différent) :

verbes avec àverbes avec de
se remettre à
passer à

en venir à
se décider à

s’ajouter à

servir à
étendre à
conseiller à (quelqu’un)…
permettre à (quelqu’un)…
se remettre de
passer de… à….
se protéger de/contre
venir de
décider de
éviter de

se débarrasser de
servir de

de (faire quelque chose)
de (faire quelque chose)

Vidéo

Transcription

En France, le masque est synonyme de maladie, de danger, de risque, voire de punition. Mais au Japon, j’ai appris qu’il pouvait être aussi synonyme de confort, et de sécurité. Aujourd’hui, nous allons parler de cet objet qui est devenu un accessoire quotidien. J’ai nommé, le masque.

***

Bonjour. Comment allez-vous ?

Pour cette fois-ci, j’ai choisi comme thème, les masques. Alors pas les masques qu’on met sur le visage pour se déguiser, comme à Halloween, mais ceux qu’on utilise pour se couvrir la bouche et le nez, pour éviter les infections et se protéger des virus notamment.

1. Point sur la situation en France

Vous savez qu’en France, actuellement, une deuxième vague de l’épidémie de coronavirus sévit, et donc que les cas journaliers de contamination se sont remis à augmenter.

C’est une situation préoccupante, et les autorités ont cette fois décidé de mettre en place un couvre-feu c’est-à-dire de limiter grandement les activités nocturnes. Cette mesure vient s’ajouter aux mesures déjà existantes qui ont pour objectif de limiter la propagation du virus parmi la population.

2. Les principales mesures

Ainsi, la première mesure préconisée par le gouvernement reste les gestes barrière.

Ces gestes barrière sont les suivants : se laver les mains très régulièrement, tousser ou éternuer dans son coude ou dans un mouchoir, utiliser un mouchoir à usage unique et le jeter, ne pas se serrer la main et éviter de s’embrasser, respecter une distance sociale d’un mètre au minimum.

Venons-en au port du masque. Le masque a été rendu obligatoire dans les transports en commun dès la période de confinement, c’est-à-dire du 17 mars au 11 mai. A partir du déconfinement, c’est-à-dire après le 11 mai, son utilisation a été élargie à d’autres espaces publics. Ainsi, porter un masque est devenu obligatoire dans les cinémas, les restaurants, les hôtels, les établissements de culte – autrement dit les églises, les synagogues, les mosquées – dans les musées, ainsi que dans les établissements scolaires, comme les collèges, les lycées et l’université. Il est également devenu obligatoire dans les espaces communs des entreprises.

Le port du masque est aussi imposé en extérieur sur une partie ou sur la totalité de la commune dans plus de 10 000 villes et villages.

Sont concernés par cette législation les personnes de 11 ans ou plus. Ainsi, les enfants n’ont pas l’obligation de porter un masque, même si à l’école primaire par exemple, son utilisation est possible.

Enfin, que se passe-t-il si l’on ne respecte pas cette loi, c’est-à-dire si l’on ne porte pas de masque dans un endroit où les masques sont obligatoires ? Dans ce cas, si vous rencontrez un agent de police, celui-ci vous verbalisera et vous aurez à payer une amende qui s’élève à 135 euros. Si dans les 2 semaines qui suivent vous commettez une nouvelle fois la même infraction, votre amende augmentera et passera à 1500 euros. Se débarrasser de son masque, en le jetant par terre dans la rue par exemple, est aussi puni d’une amende qui s’élève à 68 euros, mais qui pourrait bientôt passer à 135 euros également.

Le site du gouvernement français indique comment bien porter son masque. D’abord, avant de le mettre ou de l’enlever, il faut se laver les mains avec de l’eau et du savon, ou bien une solution hydroalcoolique. Ensuite, pour l’enlever comme pour le mettre, il faut tenir le masque par les lanières élastiques. Enfin, il faut changer de masque très régulièrement.

3. Le sentiment des Français et des Japonais vis-à-vis du masque

Mais si j’ai choisi ce thème, c’est surtout parce que le sentiment vis-à-vis du masque est très différent, que l’on soit asiatique, par exemple japonais, ou occidental, par exemple français. En effet, moi-même je n’ai commencé à porter un masque qu’en venant au Japon, et encore pas tout de suite. C’est en venant au Japon, que j’ai découvert son intérêt et ses multiples utilisations. Par exemple, évidemment, en hiver il sert à se protéger des virus et des maladies comme la grippe ou la gastro. Mais il sert aussi plus simplement à se protéger du froid, et du vent froid qui souffle pendant l’hiver. Au printemps, en automne, il sert à se protéger du pollen pour ceux qui sont sensibles ou allergiques.

Avec tous ces avantages, et encore d’autres que j’oublie certainement, comment se fait-il que les Occidentaux, soient si réfractaires à l’utilisation du masque ?

En fait, pour les Français, le masque a une connotation fortement négative. Le masque est synonyme de maladie, de danger, de risque, voire de punition.

Mais il y a une deuxième raison à ce rejet du masque chez les Occidentaux qui est la suivante. Les Occidentaux, et les français en particulier, considèrent le masque comme inutile. Cela parce qu’il ne protège pas complètement des virus et des maladies. Ainsi, parce que sa protection est imparfaite, on le rejette catégoriquement. Les mesures du gouvernement français, au tout début de l’épidémie, en mars et en avril 2020, n’ont fait que renforcer ce préjugé. En effet, les autorités françaises déconseillaient le port du masque pour le public, et sont même allées jusqu’à interdir leur achat à la population.

[Extrait vidéo]

Les masques sont inutiles si vous n’êtes pas malade, si vous n’avez pas été personne-contact, proche de personnes malades.
J’insiste : l’usage du masque en population générale n’est pas recommandé et n’est pas utile.
Je pense qu’il y a un consensus très clair aujourd’hui pour dire : il faut surtout pas avoir de masques pour le grand public, ça n’a pas d’intérêt et c’est même presque faussement protecteur.
Nan, les Français ne pourront pas acheter de masques dans les pharmacies parce que ce n’est pas nécessaire quand on n’est pas malade.

Mais il existe une troisième raison à ce rejet du masque chez les Occidentaux. La connaissez-vous ? Je vous donne un indice.

[Extraits de Bob l’éponge (©Nickelodeon) et de Star Twinckle PreCure (©Toei Animation)]

Alors, vous avez trouvé ? Ou vous avez une petite idée ?

Oui, il semblerait que la communication des émotions passe en Occident davantage par les mouvement de la bouche, alors qu’au Japon c’est la zone des yeux qui est utilisée dans la communication des émotions. Ainsi, le masque gène davantage la communication en Occident qu’au Japon.

Et vous, comment considérez-vous le port du masque ? Avec cette épidémie, est-il devenu un accessoire quotidien ? Ou bien êtes vous toujours récalcitrant à l’idée de le porter ?

Questions

Questions de compréhension

  1. Quelles sont les 3 mesures actuellement mises en place par le gouvernement pour lutter contre l’épidémie ?
  2. Combien y a-t-il eu de périodes de confinement en France ? Donnez les dates.
  3. Dans quels lieux publics doit-on actuellement porter un masque (selon la vidéo) ?
  4. Que faut-il faire pour devoir payer une amende de 1500 euros ?
  5. Quels sont les différents usages possibles pour le masque cités dans la vidéo ?
  6. Le masque est impopulaire dans les pays occidentaux, et notamment en France. Rappelez les trois raisons données dans la vidéo.
  7. Choisissez la préposition qui convient :
    a) Demain, je me remets ( à – de ) la natation.
    b) Il se remet ( à – de ) sa blessure ( de – à ) la jambe.
    c) J’ai acheté ce nouveau sac ( de – à ) main.
    d) Mon père vient (à – de) rentrer ( à – de ) la maison.
    e) J’adore la tarte ( à – de ) la rhubarbe ( à – de ) ce pâtissier.
    f) Chéri, j’ai décidé ( à – de ) vendre la maison !
    g) La mesure a été étendue ( sur – dans – à ) toute la région.
    h) Ce médicament n’est pas efficace ( pour – à – contre ) les virus.
    i) Le port du masque est devenu obligatoire ( dans – sur – en ) ville.
    j) Le maire a imposé une distance sociale d’un mètre minimum ( dans – sur – en) la totalité de la commune.

Vers le débat et la discussion

  1. Connaissez-vous d’autres usages possibles du masque ?
  2. On ne peut pas dire que le masque soit véritablement agréable à porter en toutes circonstances… Qu’est-ce qui peut être désagréable quand on porte un masque ?
  3. Que pensez-vous du discours des autorités françaises déconseillant le masque au début de l’épidémie (fin février/début mars 2020) ?
  4. Que pensez-vous de la théorie selon laquelle le masque gênerait davantage la communication dans les pays occidentaux qu’au Japon ? (intéressant/pas intéressant, d’accord/pas d’accord… )
  5. Imaginez-vous d’autres raisons qui font que les Français sont gênés à l’égard du masque ?
  6. Présentez la situation de l’épidémie dans votre pays, ainsi que l’attitude de la population à l’égard du masque et des mesures prises par le gouvernement.

The Witcher 3 : au-delà de la fantasy

Expliquer pourquoi on aime telle ou telle œuvre n’est pas chose facile. Je m’essaye néanmoins à cet exercice à propos du « jeu vidéo de l’année 2015 », et on travaille la prosodie, les figures de styles et les pronoms relatifs composés.

Sommaire

  1. Objectifs pédagogiques
  2. Mode d’emploi
  3. Vocabulaire
  4. Grammaire
  5. Vidéo
  6. Transcription
  7. Questions de compréhension
  8. Vers le débat et la discussion
  9. Réponses aux questions de compréhension (page 2)

Objectifs pédagogiques

  1. Découvrir une œuvre contemporaine : The Witcher 3 (CD Projekt RED, 2015/2016)
  2. Parler d’une œuvre qu’on aime et la présenter
  3. Expliquer ce qui nous intéresse dans une œuvre
  4. Utilisez les périphrases et d’autres figures de styles pour varier le discours
  5. Travailler la prosodie et les pauses
  1. 『ウイッチャー3』について知る。
  2. 好きな作品を紹介する。
  3. 作品のどのところに興味があるのかを説明する。
  4. 表現に変化をつけ、単調にならないようにする。
  5. 伝わりやすい話し方(抑揚、緩急など)を工夫する。

Mode d’emploi

  1. D’abord, prenez le temps de découvrir le vocabulaire important et de vous familiariser avec quelques éléments de grammaire.
  2. Ensuite, regardez la vidéo (avec des sous-titres pour comprendre les détails, et sans sous-titres pour vous concentrer sur l’oral). La transcription est visible sous la vidéo pour vous aider.
  3. Enfinrépondez aux questions posées en bas de la page ! Vous trouverez d’abord des questions de compréhension corrigées, puis des questions ouvertes, sans réponses, pour la discussion.
  1. まず重要語彙に目を通し、文法事項を確認してください。
  2. 次に動画を見てください。細部までしっかり意味を理解したい場合は、英語字幕か日本語字幕を表示できますし、一方、口頭のフランス語に集中したい場合は、字幕を非表示にできます。聞き取ることが難しい場合は、動画のすぐ下に掲載されている書きおこしを参照してください。
  3. 最後に、ページ下部にある理解度確認問題をフランス語で解いてみましょう! 解答は2頁目にあります。後半の問題は正解のある問題ではなく、ディベートや会話のための手がかりのためのものです。

Vocabulaire

l’ironie, (adj.) ironique皮肉
la parodie ; (adj.) parodiqueパロディー
la critique ; l’autocritique, (adj.) autocritique批判、自己批判
la dérision ; l’autodérision, (adj.) autodérisoire嘲弄、愚弄;自嘲(=自分自身を馬鹿にする)
le Moyen Âge ; (adj.) médiéval(e)中世
le médiévalisme
la représentation contemporaine du Moyen-âge (au cinéma, à la TV, dans la littérature…)
中世主義
un chevalier (errant, vagabond) ; (adj.) chevaleresque騎士、騎士道にかなった
un exploit ; réaliser un exploit武功、武功を立てる
la gloire ; (adj.) glorieux栄光
l’honneur名誉
un assaut襲撃、攻撃
adapter ; une adaptation翻案する、アダプテーション
s’inspirer de, être inspiré de~からインスピレーションを受ける
reprendre, une reprise取り上げる
le brio
(faire quelque chose avec brio)
すぐれた技量、巧みに
un biais
(ici : un moyen)
方法、~を通して
éperonner
= piquer des éperons (un cheval, pour qu’il avance)
馬に拍車を入れる
être désarçonné ; vider les arçons, vider les étriers
= tomber de cheval (vb. trans. : désarçonner)
落馬する
un volet
(métaphorique : un épisode)
○○部作の△作目
le protagoniste
(le personnage principal, souvent aussi le héros)
主人公
un personnage secondaire脇役の人物
la connivence示し合わせること
une extension拡張
incarner, l’incarnationとなる、演出する、具現する、具現化
au premier abord一見
comme son nom l’indiqueなまえからもわかるように
tout beau tout propreきらびやかで美しい

Grammaire

Rhétorique

La périphrase est un groupe de mots utilisé pour exprimer un mot.

Le septième art pour le cinéma, les miroirs de l’âme pour les yeux, l’île de beauté pour la Corse…

L’antonomase est l’utilisation d’un nom commun pour désigner un nom propre, ou l’inverse.

La ville éternelle pour Rome, l’hexagone pour la France, un Harpagon (personnage de Molière) pour quelqu’un d’avare.

La synecdoque consiste à prendre une partie pour le tout ou le tout pour une partie.

Les voiles pour les bateaux, les toits pour les maisons, ou le vélo pour sa roue (mon vélo a crevé = la chambre à air de mon pneu de vélo a crevé).

La métonymie consiste à remplacer un mot par un autre qui a un lien logique avec lui.

Boire un verre pour boire un liquide contenu dans un verre, un cordon bleu ou une ceinture noire pour, respectivement, un très bon cuisinier et un très bon karatéka ou judoka.

On peut avoir plusieurs figures de styles combinées.

Le Roi Soleil pour Louis XIV est à la fois une périphrase et une antonomase, et Bercy (lieu) pour le ministère de l’Économie, l’Élysée pour la présidence de la République, Matignon pour le Premier ministre sont des antonomases et des métonymies.

Les pronoms relatifs composés avec lequel

Avec une préposition autre que à et de (sur, pour, avec, par, parmi…) → sur lequel/laquelle/lesquels/lesquelles…

J’habite dans une maison → la maison (f.) dans laquelle j’habite

Avec la préposition à (penser à, répondre à, faire allusion à…)
→ auquel/à laquelle/auxquels/auxquelles

Je pense à un animal. C’est un chien. → L’animal (m.) auquel (à + lequel) je pense est un chien.

Avec de dans une locution prépositive (à l’intérieur de, à côté de, près de, loin de)
→ à l’intérieur duquel/de laquelle/desquels/desquelles

Je range le livre à l’intérieur de la boîte → la boîte à l’intérieur de laquelle je range le livre

Attention !

avec la locution verbale de = de après un verbe ou groupe verbal (se servir de, se souvenir de, avoir envie de)
→ dont

J’ai besoin d’un livre. → (avoir besoin + de) → le livre dont j’ai besoin

Prosodie et pauses dans le discours

La prosodie regroupe tous les phénomènes de prononciation orale des mots et des phrases, comme le rythme, le ton, l’intonation, etc. Un bon discours ou une bonne lecture à voix haute ne va pas sans une prosodie maitrisée.

Ex : Bonjour ⤴ à toutes et à tous. ⤵ Comment ⤵ allez-vous ?⤴

Les pauses servent à réfléchir, à se préparer à dire les mots qui suivent, mais aussi à donner un rythme au discours et à le rendre plus intelligible.

Dans un texte, la ponctuation indique où faire des pauses (les points, les virgules…). On fait également des pauses entre des groupes syntaxiques différents, notamment avant les pronoms relatifs (qui, que…), les conjonctions et locutions conjonctives (et, ou, mais, c’est-à-dire…), et souvent avant et après les adverbes de liaison et locutions adverbiales (toutefois, cependant, de plus, en outre, autrement dit…).

Ex : Bonjour, (pause) vous allez bien ? (pause) Aujourd’hui, (pause)

Vidéo

Pour afficher la vidéo directement sur YouTube, dans un nouvel onglet, cliquez ici !

Transcription

Introduction

Bonjour à toutes et à tous ! Comment allez-vous ?

Sauriez-vous présenter une œuvre artistique ? Sauriez-vous parler de votre film, de votre comédie musicale, de votre roman ou votre musique préférée ? Cela paraît facile au premier abord, mais lorsqu’il s’agit d’expliquer pourquoi tel film vous intéresse, pourquoi telle comédie musicale vous plaît, les choses deviennent plus compliquées !

C’est ce que j’ai réalisé en faisant cette vidéo !

Aujourd’hui, je vais vous présenter un jeu vidéo que j’ai déjà utilisé dans l’une de mes activités précédentes, il s’agit de The Witcher 3, en français, The Witcher 3. Je vais également vous parler d’un passage que je trouve révélateur de ce qui m’intéresse dans cette œuvre.

Une série de jeux vidéo basée sur une œuvre littéraire

The Witcher 3, du studio polonais CD Projekt RED, a été élu 251 fois « jeu vidéo de l’année 2015 ». Ses graphismes, son scénario, sa musique ou son gameplay sont d’une qualité exceptionnelle. Toutefois, comme il comporte des scènes de violence et de nudité, ainsi que du langage parfois vulgaire, il est destiné à un public adulte. Cela ne l’a pas empêché de se vendre tout de même à 30 millions d’exemplaires.

Une autre raison du succès phénoménal de ce jeu vidéo réside dans le brio avec lequel il questionne les normes sociales et les stéréotypes contemporains par le biais du médiévalisme, sans pour autant s’interdir l’autocritique ou l’autodérision à propos des codes et des clichés de la fantasy ou du jeu vidéo.

The Witcher 3, comme son nom l’indique, est le troisième et dernier volet d’une trilogie basée sur une série de nouvelles et de romans de l’auteur polonais Andrzej Sapkowski. L’œuvre littéraire originale ainsi que ses adaptations appartiennent au genre de la fantasy, c’est-à-dire à un genre de fiction où l’existence de la magie n’est pas mise en doute. Les nouvelles et les romans originaux ont été récemment adaptés en série télévisée pour Netflix mais, à mon avis, les jeux vidéo sont une adaptation plus intéressante. En effet, plutôt que de reprendre et mettre simplement en images l’histoire originale comme la série Netflix, les jeux la continuent, tout en permettant à un joueur d’incarner le personnage principal et de voyager librement dans son univers.

Le protagoniste, Geralt de Riv, un « sorceleur », c’est-à-dire un chasseur de monstres doté de compétences surhumaines, n’a toutefois rien du chevalier idéal, sans peur et sans reproches. C’est un personnage ironique, même sarcastique, et plutôt pessimiste. Lui qui voudrait pouvoir vivre en marge du monde, faire sa besogne de sorceleur, c’est-à-dire chasser les monstres, sans s’impliquer personnellement, est entraîné dans des péripéties par les personnages secondaires importants comme la magicienne Yennefer, le barde Jaskier, ou sa jeune pupille Ciri.

C’est justement la forte influence des personnages secondaires sur la vie du protagoniste Geralt de Riv qui distingue cette œuvre de fantasy de Conan le Barbare par exemple, où le héros n’a de maître que lui-même.

Clin d’œil à Don Quichotte

Maintenant, je vais vous parler d’un passage qui m’a interpelé et qui je crois, exprime bien ce qui me plaît dans cette œuvre.

Dans l’extension au jeu intitulée « Sang et vin » Geralt parcourt le duché de Toussaint, inspiré de la France et de l’Italie. Cette région est littéralement couverte de vignobles. On y trouve même des baguettes et du camembert. Les chevaliers de Toussaint sont avides de tournois et d’occasions de réaliser des exploits chevaleresques pour l’honneur de leur Dame. Bref, Toussaint est un peu l’incarnation d’un Moyen Age idéalisé, tout beau tout propre, tel qu’on le trouve souvent dans les œuvres de fantasy.

Cependant, cette histoire optionnelle commence presque immédiatement avec une scène inspirée du fameux combat de Don Quichotte contre le moulin. Est-ce que cet épisode vous dit quelque chose ?

Voici le début du passage en question dans le roman de Cervantès, au chapitre 8 du premier livre :

Monsieur, regardez, ce ne sont pas des géants qui apparaissent là-bas, mais des moulins à vent, et les sortes de bras qu’il y a dessus, ce sont les ailes qui tournent sous le vent et font marcher la pierre du moulin.
― Il est clair que tu n’y connais rien en matière d’aventures. Ce sont des géants, et si tu as peur, écarte-toi de là et mets-toi en oraison (= en prière) pendant la fière et inégale bataille où je vais entrer avec eux.
Et à ces mots il éperonna son cheval Rossinante sans prêter attention à ce que lui criait son écuyer Sancho pour l’avertir. C’étaient des moulins à vent et non des géants !

Miguel de Cervantès, Don Quichotte, Tome 1, chapitre VIII, trad. Jean-Raymond Fanlo, Le Livre de Poche, 2010, p. 132-133

Don Quichotte s’élance donc sur son cheval pour se battre contre des moulins à vent. Il imagine que ce sont des géants et que ce combat lui apportera la gloire. Mais dès le premier assaut, l’une des ailes d’un moulin le désarçonne et il finit blessé…

Cet épisode est repris dans The Witcher 3. Mais cette fois, c’est un véritable géant qu’affronte le chevalier Guillaume à proximité d’un moulin à vent.

Quelle est l’issue de ce combat ? Le vaillant Guillaume réussit-il là où Don Quichotte a échoué ? Et bien non. Si les monstres et les exploits héroïques existent bel et bien dans ce monde magique, tout le monde ne peut pas devenir un héros.

Au-delà de la fantasy

Que nous dit plus concrètement cette référence de The Witcher 3 à Don Quichotte précisément ? Pour ma part, il me semble qu’il y a dans ce clin d’œil de connivence l’idée qu’on parle de la même chose, c’est-à-dire que dans le jeu de CD Projekt RED comme dans le roman de Cervantès, le fantasme et l’illusion, bien que divertissants, n’ont pas la valeur suprême, et ne sont pas la signification ultime de ces œuvres.

On peut ajouter que Geralt est même l’exact reflet, une image inversée, du personnage principal du roman parodique espagnol : Don Quichotte s’illusionne dans un monde réaliste et terre-à-terre, alors que Geralt, lui, est un grand désillusionné dans un monde où tous les fantasmes sont possibles. Il est dépourvu d’idéal, et ne s’intéresse ni aux exploits ni à la gloire. C’est même là la condition propre des sorceleurs, celle d’être privés de toute illusion dans un monde de purs fantasmes.

Quels rabats-joie !

Conclusion

Voilà, je vous ai présenté une œuvre pour laquelle j’ai beaucoup d’intérêt ! Et vous, à quel film, quel roman, quelle comédie musicale, quel manga ou jeu vidéo portez-vous de l’intérêt ? Et surtout : pourquoi ?

Parlez m’en dans les commentaires.

Au revoir.


Questions de compréhension

  1. Qui est une sorte de réincarnation de Don Quichotte dans The Witcher 3 ?
    a) Geralt de Riv
    b) Sancho Panza
    c) Le chevalier Guillaume
  2. Les jeux de CD Projekt RED reprennent l’histoire des nouvelles et romans originaux d’Andrzej Sapkowski. Vrai ou Faux ?
  3. Geralt de Riv ressemble à Conan le Barbare. Vrai ou Faux ?
  4. Geralt de Riv ressemble à Don Quichotte. Vrai ou Faux ?
  5. La périphrase : retrouvez le mot correspondant.
    a) Le roman de Cervantès
    b) (ici) le jeu polonais
    c) la langue de Molière
    d) la langue de Shakespeare
    e) la langue d’Homère
    f) la langue de Virgile
    g) le pays du fromage
    h) le feu du ciel
    i) les forces de l’ordre
    j) les combattants du feu
  6. L’antonomase : trouvez les noms communs derrière ces noms propres issus de marques ou de personnages.
    a) du scotch
    b) un kleenex
    c) un caddie
    d) un Don Juan
    e) un vandale
    f) un apollon
    g) un bordeaux
    h) un mentor
  7. En changeant le sujet, une proposition relative devient nécessaire. Utilisez le pronom relatif composé avec lequel.
    a) Les romans originaux appartiennent au genre de la fantasy. → Le genre ………… appartiennent les romans originaux est la fantasy.
    b) Geralt est entraîné dans des péripéties par les personnages secondaires. → Les péripéties ………………… est entrainé Geralt par les personnages secondaires….
    c) Geralt est entraîné dans des péripéties par les personnages secondaires. → Les personnages ………………… Geralt est entrainé dans des péripéties…
    d) J’ai beaucoup d’intérêt pour le cinéma américain. → Le cinéma américain …………….. j’ai beaucoup d’intérêt…
  8. Écoutez plusieurs fois la lecture du passage de Don Quichotte et marquez d’un rond l’endroit où des pauses, petites ou grandes, sont effectuées.
    Monsieur, regardez, ce ne sont pas des géants qui apparaissent là-bas, mais des moulins à vent, et les sortes de bras qu’il y a dessus, ce sont les ailes qui tournent sous le vent et font marcher la pierre du moulin.
    ― Il est clair que tu n’y connais rien en matière d’aventures. Ce sont des géants, et si tu as peur, écarte-toi de là et mets-toi en oraison (= en prière) pendant la fière et inégale bataille où je vais entrer avec eux.
    Et à ces mots il éperonna son cheval Rossinante sans prêter attention à ce que lui criait son écuyer Sancho pour l’avertir. C’étaient des moulins à vent et non des géants !

Allez en page 2 pour accéder aux réponses !

Vers le débat et la discussion

  1. Présentez brièvement une œuvre qui vous intéresse (type, auteur, période, genre…).
  2. Dites ensuite pourquoi elle vous intéresse.
  3. Présentez un passage en particulier.

Interview : Traduire des mangas

Une interview où l’on découvre le métier de traducteur, la situation du manga en France et quelques grandes différences entre le français et le japonais.
このインタビューでは、翻訳家の仕事、フランスにおけるマンガ事情、フランス語と日本語の大きな違いについて知ることができます。

Sommaire 目次

  1. Objectifs pédagogiques
  2. Mode d’emploi
  3. Vocabulaire
  4. Grammaire
  5. Vidéo
  6. Transcription
  7. Questions de compréhension
  8. Questions pour le débat et la discussion
  9. Réponses aux questions de compréhension (Page 2)

Objectifs pédagogiques 学習目標

  1. Apprendre ou réviser du vocabulaire touchant au travail, et plus spécifiquement au travail de traducteur
  2. S’approprier le procédé de la question rhétorique
  3. Découvrir quelques grandes différences entre le français et le japonais
  4. S’intéresser à la situation du manga en France
  1. 職業・仕事にまつわる語彙を学習/復習する。特に翻訳家の仕事に関するものを学ぶ。
  2. 修辞的疑問文(反語表現)の使い方を身に付ける。
  3. フランス語と日本語の間にあるいくつかの大きな違いを知る。
  4. フランスのマンガ事情に関心を持つ。

Mode d’emploi 活用のしかた

Dans un premier temps, prenez le temps de découvrir le vocabulaire clé et de vous familiariser avec quelques éléments de grammaire.
Ensuite, regardez la vidéo une fois AVEC des sous-titres pour comprendre les détails, puis SANS sous-titres pour vous concentrer sur le français. Pour l’instant, seuls les sous-titres japonais et français sont disponibles. La transcription est visible sous la vidéo pour vous aider.
Enfin, répondez aux questions posées en bas de la page ! Vous trouverez d’abord des questions de compréhension corrigées, puis des questions ouvertes, sans réponses, pour le débat.

On dit que le mieux est l’ennemi du bien : n’essayez pas de tout comprendre parfaitement dès votre premier passage sur cette page ! Notez et mémorisez une dizaine d’expressions ou de mots de vocabulaire, cela suffit ! Vous reviendrez plus tard pour progresser à nouveau !

まず重要語彙に目を通し、文法事項を確認してください。
次に、細部までしっかり意味を理解するために、日本語字幕付きで動画を視聴してください。そしてもう一度、字幕なしで動画を見て、フランス語に集中してください。聞き取ることが難しい場合は、動画のすぐ下に掲載されている書きおこしを参照してください。
最後に、ページ下部にある問題をフランス語で解いてみましょう! 前半のリスニングの質問の解答は2頁目にあります。後半の問題は正解のある問題ではなく、ディベートや会話のための手がかりのためのものです。

最善は善の敵と言う諺があります。完璧を追求しすぎると全部だめになるという意味ですが、このページも最初から全部を完璧に理解することを目指す必要はありません!表現や単語を十個程度メモし、覚えるだけで十分です。さらに上達したいと思ったときにまた戻ってくればよいのです。

Vocabulaire

Prononciation des mots en gras 太字の言葉の発音
une interview
(attention : on dit « un entretien » pour le travail)
インタビュー
un traducteur, la traduction, traduire翻訳者、翻訳、訳す
un éditeur編集者、出版社
un graphisteグラフィックデザイナー
un relecteur校正者
un adaptateurアダプテーター
être indépendant, l’indépendance, (adj.) ~indépendant(e)独立している(自立している)、独立、独立した~
l’autonomie, être autonome, travailler en autonomie
(= tout seul)
自立/自律、自立/自律している、自分の好きなように働く
l’isolement, être isolé
(= être coupé des autres)
孤立、孤立している
être à l’aise (avec, dans)…
(= être confortable)
不快感がない、違和感がない、心地が良い
la cohérence, (adj.) cohérent(e)一貫性、一貫した~
(adv.) notamment, surtout, en particulierとりわけ、特に
(adv.) probablementおそらく
(adv.) effectivement確かに、
(adj.) ~spécifique特殊な、特有の
la paperasse(お役所仕事の)形式的書類
une déclaration (faire~)届け出、申告
pardon
(utilisé pour se corriger soi-même) Ex : « J’ai un chien… un chat, pardon. » ou bien « J’ai un chien… pardon, un chat ! »
すみません、失礼しました

Connecteurs discursifs

Prononciation des mots en gras 太字の言葉の発音
en règle générale,たいてい、一般的に、原則として
c’est-à-dire
(avant une explication)
つまり、言い換えれば
soit… , soit…
(exprime une alternative)
~か、~か
vu que
(= puisque)
~であるから、~なので、
Par la suite, …その後、

Grammaire

Prépositions

  1. je dois m’assurer de (+ nom ou verbe à l’infinitif) ; je dois m’assurer que (+proposition SVO)
  2. être amené à (+ verbe)

Procédé stylistique : la question rhétorique

La question rhétorique est une question à laquelle on répond en général soi-même. C’est une question purement formelle, ce n’est pas une vraie question posée à celui avec qui on parle.

Exemples tirés de l’interview :

  1. Qu’est-ce que ça veut dire être traducteur indépendant ? Ça veut dire…
  2. Concrètement comment ça se passe ? Une fois que j’ai pris contact avec un éditeur….
  3. Pourquoi ? Pour que…

Vidéo

Pour ouvrir la vidéo sur YouTube dans un nouvel onglet, cliquez ici !

Transcription

Laurent : Bonjour à toutes et à tous ! Vous allez bien ? Cette fois-ci, je vous propose de travailler le français à partir d’une interview. Aussi, j’ai le plaisir de recevoir un invité. Bonjour Alexandre !

Alexandre Goy : Bonjour.

Question 1 (0 : 36)

L. : Alors, tu as obtenu ton doctorat en Études japonaises, et maintenant tu es traducteur indépendant. Peux-tu nous apprendre quels sont les différents aspects de ton travail, puis quels sont, pour toi, les avantages de ton métier, mais aussi ses facettes plus contraignantes ?

A. : Bien sûr ! Alors, je suis traducteur indépendant. Qu’est-ce que ça veut dire être traducteur indépendant ? Ça veut dire travailler en autonomie totale, c’est-à-dire que la plupart du temps, je suis chez moi ou à la bibliothèque, je travaille dans mon coin sur les différents éléments que me fournissent les éditeurs, en l’occurrence. Les éditeurs, avec qui je travaille sur des mangas, sur des romans, des light novels, et qui me demandent donc de traduire du japonais au français ces différentes histoires.

Être en autonomie, ça ne veut pas dire être totalement isolé. Un travailleur, un traducteur indépendant pardon, va travailler avec des partenaires en plus de l’éditeur. En règle générale, il s’agit de graphistes, c’est-à-dire les personnes qui vont mettre dans les bulles, dans les cases, les traductions que je vais faire du matériel original, et des relecteurs, qui vont s’assurer qu’il n’y a pas de fautes dans mon français, parfois aussi des adaptateurs, qui vont eux regarder la cohérence globale de la traduction pour s’assurer que le lecteur francophone ne… soit totalement à l’aise avec ce qui est dit dans le manga ou dans le roman.

Concrètement comment ça se passe ? Une fois que j’ai pris contact avec un éditeur, si celui-ci a besoin de moi, il m’enverra soit par la poste les ouvrages originaux, donc en règle générale des mangas ou des romans, soit par mail des versions numériques, donc des romans scannés, des mangas scannés. Une fois que je reçois le matériel de base, je dois passer par différentes étapes. Première étape dans le cas d’un manga par exemple, je dois indexer les différentes pages. Indexer, cela veut dire que je vais numéroter chacun des dialogues, numéroter chacune des bulles, mais aussi numéroter chacune des onomatopées que je vais traduire par la suite. Pourquoi ? Pour que les graphistes notamment puissent associer ma traduction à un numéro et le reporter facilement sur la planche au milieu du dessin.

Pour un manga, restons sur l’exemple du manga, en règle générale, 200 pages de manga sont traduites entre 28 et 42 heures de travail effectif. Alors pourquoi un si large éventail de temps ? Parce qu’il arrive parfois que je sois amené à faire des recherches. Certains mangas abordent des sujets spécifiques, comme par exemple la justice. Si un manga met en scène un avocat, je dois m’assurer de connaître le vocabulaire spécifique à ce métier, spécifique à ce domaine, pour faire parler, pour faire parler le personnage comme si c’était un avocat français. C’est une étape qui demande énormément de temps, d’implication, et de travail évidement, et qui arrive en règle générale suite à une lecture complète du manga pour s’assurer que j’ai bien assimilé l’ensemble des informations contenues dans le manga.

Ensuite, les horaires que j’applique à mon travail quotidien sont bien sûr libres puisque je suis indépendant, mais en règle générale, comme il y a une date de rendu déterminée avec l’éditeur, je dois m’assurer d’avoir fini mon travail dans les temps. Donc, la plupart du temps, je travaille 8 à 9 heures par jour, tout au long de la semaine.

Ensuite, mon travail de traducteur indépendant ne se limite pas malheureusement à l’unique traduction. Je dois aussi m’assurer de tout ce qui est administratif autour de mon activité, donc toute la paperasse qui est liée aux contrats, au suivi des factures, mais aussi aux relations avec l’administration française pour notamment des déclarations. Cet aspect-là de mon travail fait partie, je dirais, des facettes les plus rebutantes comme tu le disais. Il y en a d’autres aussi : des fois, on peut se retrouver en tant que traducteur isolé, c’est-à-dire qu’on est tellement pris par son travail, c’est probablement vrai pour d’autres travaux, mais quand on est seul devant son écran à travailler la traduction, et bien on, finalement, on se coupe un petit peu des autres activités, notamment des activités sociales, et ce sont surtout mes amis qui se plaignent de me voir le moins, de moins en moins.

Par contre, il y a de grands avantages à faire ce métier, notamment tout ce qui implique la liberté créatrice. On peut mettre à profit sa créativité naturelle dans le manga de la traduction… dans le métier de la traduction, pardon. Ça nous ouvre également à différents univers, des univers culturels que nous ne maitrisons pas forcément tout de suite, mais qui nous permettent aussi de changer notre vision sur le monde. Par exemple, j’ai travaillé sur des mangas qui parlent de handicap, j’ai travaillé sur des mangas qui parlent de l’univers du cinéma, j’ai travaillé sur des mangas aussi fantastiques qui mettent en lumière certains éléments de la culture populaire japonaise, et qui sont formidables à découvrir.

Question 2 (7:03)

L. : Et donc tu traduis des mangas et des livres du japonais vers le français.

A. : Tout à fait.

L. : Alors quels sont les principales difficultés que tu rencontres lorsque tu traduis en français ce qui est exprimé en japonais ?

A. : Alors effectivement, il y a de nombreuses différences entre le français et le japonais, à savoir que les règles qui vont prédominer dans mon travail ce seront celles imposées par le français évidemment, vu que la langue cible est le français et qu’il faut que je m’assure que nos lecteurs francophones soient tout à fait à l’aise avec ma traduction.

Les principales règles qui sont imposées par le français sont notamment la morphologie de la phrase, la construction grammaticale autour du sujet, alors qu’en japonais souvent on estime que la phrase elle se construit autour du prédicat. Donc il y a une véritable opposition entre l’importance du sujet qui est en français, et l’importance de l’information en japonais.

En français, un énoncé strict est souvent construit autour d’un sujet, (d’un) verbe et d’un complément, alors qu’en japonais, l’énoncé minimal complet lui peut se réduire à un seul mot, que ce soit un nom, un pronom, un mot de qualité*. Et cela pose aussi un problème en termes graphiques, puisque du coup, et notamment dans les mangas, les bulles, des fois, sont très petites dans le format originel, parce qu’elles n’ont pas besoin d’accueillir de longues phrases, le japonais pouvant se résumer parfois à un mot, un adjectif, et rendre ce mot ou cet adjectif en français avec la construction sujet-verbe-complément est parfois compliqué ne serait-ce que pour rentrer dans la bulle en elle-même.

Par exemple, en japonais, on dit, on peut dire « samui » donc qui littéralement signifie « froid » mais qui en français devra être traduit « il fait froid » ou « j’ai froid », selon la nature du sujet et du complément. Et donc c’est compliqué parce que, il faut à la fois que le traducteur synthétise un maximum les informations contenues dans la phrase japonais, dans la phrase japonaise pardon, mais il doit quand même rendre une phrase française claire et suffisamment descriptive pour être comprise par le lecteur français. Donc ce sont des difficultés auxquelles j’ai affaire quotidiennement, et auxquelles j’ai des fois du mal à trouver des solutions.

En plus, en français, on a une autre difficulté, c’est que la répétition est quelque chose que l’on déteste, donc même si le sujet doit toujours être présent dans la phrase, le rappeler systématiquement c’est d’un terme… d’un point de vue stylistique, c’est habituellement peu admis, on va dire.

*Note : en français, un énoncé peut parfois se réduire à un seul mot (on appelle cela une prophrase), mais c’est généralement une réponse. Exemple :
– Comment est ce manga ?
– Excellent ! (pour : Il est excellent !)

Question 3 (10:24)

L. : Les États-Unis ont récemment remplacé la France en tant que deuxième pays consommateur de manga. Néanmoins, ce qui ne changera pas, c’est la place pionnière de la France dans l’importation et la traduction de mangas et d’animés. Moi, j’ai découvert les mangas au collège, avec Dragon Ball, il y a environ 25 ans. Et toi ?

A. : Et bien moi, ça devait être à peu près à la même période, au collège également. Je crois me souvenir que le tout premier manga que j’ai eu entre les mains s’appelait Appleseed. C’était un manga de Masamune Shirô, et il était édité en France aux éditions Glénat. Ça devrait être au début des années 90. Mais c’était il y a tellement longtemps que je ne me souviens même pas du contenu. Je ne l’ai pas relu récemment. Par contre, un manga, le premier manga que j’ai acheté et qui m’a accompagné jusqu’à aujourd’hui, je dirais que ce serait du même auteur que Dragon Ball, Docteur Slump de Akira Toriyama, qui met donc en scène le professeur Sembei Norimaki et son petit robot du nom de Aralé*. C’était à la fois drôle et bizarre et c’était formidable de découvrir ce manga. Par la suite, je me suis un peu plus intéressé aux mangas dans leur globalité et j’ai lu notamment le manga Fly !, en japonais il s’agit de Dai no daibôken qui est écrit par Riku Sanjô et Kôji Inada et qui est une histoire d’amitié qui est vraiment extraordinaire que j’ai beaucoup aimé. Et puis, ben, par la suite, j’ai grandi, j’ai découvert différentes choses et notamment une catégorie de manga que je ne connaissais pas encore, qu’on appelait déjà à l’époque le « shôjo manga », donc le manga destiné, dit-on, aux filles et j’ai découvert une autrice qui s’appelle Yuki Kaori avec le manga Angel Sanctuary qui m’a tenu en haleine de longues années.

* Pour les noms étrangers, parfois on ne fait pas l’élision à « de » pour que le nom soit bien audible et compréhensible. Ce qui n’empêche pas de dire « d’Akira Toriyama » et « d’Aralé » si on préfère.

Question 4 (13:07)

L. : Et alors, quels sont les mangas et les animés qui sont populaires aujourd’hui en France ?

A. : Alors c’est une question difficile à répondre pour moi parce que je suis toujours… je me place toujours, on va dire, du côté du public plus que du côté des éditeurs donc je n’ai pas les chiffres précisément à te communiquer, néanmoins en France en ce moment on voit beaucoup, beaucoup d’affiches d’un manga qu’on appelle en France Demon Slayer et qui est titré au Japon, Kimetsu no Yaiba, je crois, et en fait c’est l’illustration de ce qui marche particulièrement chez nous, c’est-à-dire plutôt des mangas et des animés orientés action.

Question 5 (13:58)

L. : Et quel est ton ressenti sur la situation actuelle du manga en France ?

A. : C’est vrai qu’on a appris très récemment que le marché du manga en France est passé de la deuxième position à la troisième, puisque les États-Unis ont rattrapé leur retard en redécouvrant une certaine quantité de classiques dans le manga. Cependant, de mon point de vue en tout cas, de ce que je peux en voir, j’ai l’impression que la situation est encore très très dynamique en France, qu’il n’y a pas encore de soucis pour découvrir de nouveaux auteurs. La preuve en est (que) les auteurs japonais viennent régulièrement nous voir ici en France durant les conventions, durant les festivals, et le public est toujours très réceptif, j’ai l’impression, aux nouvelles œuvres, et très en demande de nouveautés. Donc je ne pense pas qu’il y aura un recul de l’activité du manga en France particulièrement.


Questions de compréhension

  1. Quelle expression synonyme de « en règle générale » est apparue dans l’interview ?
  2. Et quelle expression synonyme de « parfois » ?
  3. Et quel mot synonyme de « un travail » ?
  4. Enfin, quelles sont les deux autres expressions synonymes de « c’est-à-dire » présentes dans le texte ?
  5. La France est-elle le deuxième marché mondial des mangas avant les États-Unis ?
  6. Le « shôjo manga » est un genre de manga destiné aux garçons ?
  7. Corrigez les phrases suivantes pour qu’elles soient vraies :
    a) Le sujet d’une proposition peut être souvent omis en français.
    b) Contrairement au japonais, la répétition est admise en français.
    c) La taille des bulles des mangas est parfois trop grande pour la traduction française.
  8. Transformez ces questions rhétoriques et leur réponse en phrases simples (sans question rhétorique).
    a) Qu’est-ce que ça veut dire être traducteur indépendant ? Ça veut dire travailler en autonomie totale.
    b) Alors pourquoi un si large éventail de temps ? Parce qu’il arrive parfois que je sois amené à faire des recherches.
  9. Transformez cette phrase en question rhétorique suivie de sa réponse.
    Les principales règles qui sont imposées par le français sont notamment la morphologie de la phrase et la construction grammaticale autour du sujet.
  10. Conjuguez correctement les verbes dans les phrases suivantes :
    a) En tant que traducteur indépendant, il arrive qu’on (être) parfois isolé.
    b) Il faut adapter le texte japonais, pour que les francophones (pouvoir) bien le comprendre.

Les bonnes réponses se trouvent en page 2 !

Pour le débat et la discussion

Lecture des questions 質問の発音
  1. Présentez un manga que vous trouvez intéressant (vous n’êtes pas obligé de l’aimer !). Qui est le dessinateur (ou la dessinatrice) ? Le ou la scénariste ? Est-il fini ou en cours de publication ? Résumez son histoire. Parlez des personnages. Pourquoi l’aimez-vous ? Pourquoi vous ne l’aimez pas ? Est-ce qu’il a été adapté en série animée, en film ou en jeu vidéo ?
  2. Comparez un volume d’un manga japonais et un volume d’une BD franco-belge (Astérix, Tintin, Les Schtroumpfs…). Quelles sont les différences ? (Format, prix, visuel, organisation des cases, nombre de pages…)
  3. Le manga et l’animation japonaises ont beaucoup influencé la BD franco-belge actuelle. Donnez des exemples en recherchant sur internet.
  4. L’édition des mangas est très segmentée, avec pour beaucoup d’œuvres leur public assez précis, ou leur thème bien délimité. Les planches montrées dans la vidéo appartiennent par exemple à un manga qui traite de cuisine, Mister Ajikko (traduit en 2019 chez Black Box), dont l’adaptation en série animée a été diffusée sur TF1 dans les années 90 (Le petit chef). Connaissez-vous d’autres mangas qui parlent de thèmes très spécifiques, ou bien qui ciblent un public particulier ?

Dialogues de The Witcher 3 : Geralt à la banque !

Où il est question des déboires de Geralt à la banque ! On révise de façon originale les bases du vocabulaire des démarches administratives !
このレッスンでは、ゲーム『ザ・ウイッチャー3』の主人公ゲラルトが銀行で苦戦するシーンを鑑賞することで、事務手続きで使う語彙を一風変わった方法で復習します!

Sommaire 目次

  1. Objectifs pédagogiques
  2. Mode d’emploi
  3. Vocabulaire clé
  4. Vidéo
  5. Transcription de l’introduction
  6. Questions de compréhension
  7. Transcription des dialogues (extraits) – Page 2
  8. Réponses correctes – Page 3

Objectifs pédagogiques 学習目標

  1. Apprendre du vocabulaire administratif (pour des démarches, des dialogues en situation, etc.)
  1. 様々な手続きやロールプレイなどに役立つ、事務手続きに伴う語彙を学ぶ。

Mode d’emploi 活用のしかた

Cette activité est divisée en 3 pages.

Premièrement, prenez le temps de découvrir le vocabulaire clé et de vous familiariser avec quelques éléments de grammaire.
Deuxièmement, regardez la vidéo (introduction et dialogues). Seule la partie d’introduction dispose de sous-titres (pour l’instant uniquement en japonais). Les dialogues extraits du DLC Blood and Wine de The Witcher 3:Wild Hunt (©CD Projekt RED, 2015, 2016) ne sont pas sous-titrés.
Troisièmement, répondez aux questions posées en bas de la page !
Sur la deuxième page, vous trouverez la transcription des dialogues pour vous aider et sur la troisième page se trouvent les réponses.

Je vous souhaite un bon apprentissage =)

この活動は、3ページに分かれています。

第一に、重要語彙に目を通し、文法事項を確認してください。
第二に、動画(イントロダクションとゲームの会話)を視聴してください。第三に、内容理解度の確認クイズに答えてみてください。
2ページ目には、ゲラルトの銀行での会話の書き起こしがあります。
最後の3ページ目には、解答があります。

よい学習になりますように。

Vocabulaire

Prononciation du vocabulaire en gras 太字の語彙の発音
nepoint
(je ne sais point = je ne sais pas) (langage vieilli)
ne … pas<否定>(文語的表現)
un compte (en banque/bancaire)(銀行)口座(アカウント)
le détenteur du compte
= la personne qui possède le compte (le titulaire du compte)
口座の名義人(持ち主)
un retrait
= le fait de retirer de l’argent d’un compte bancaire
(預金などの)引き出し(お金をおろすこと)
réactiver
= activer à nouveau
復活・復旧させる
un dossier書類
un permis許可書、免許証
un formulaire申込書、申請書、用紙、フォーム
un certificat証明書、許可証
délivrer (un papier officiel)
= remettre, donner
交付する、引き渡す
un guichet窓口
s’adresser à quelqu’un
= se présenter devant quelqu’un
誰かに話しかける、(窓口に)出頭する
c’est bon pour les chiens
= ça ne sert à rien
犬のためにあるものだ、何の役にもたたない
ça marche/ça ne marche pas
= ça réussit/ça ne réussit pas
(機械などが)動く/動かない、うまくいく/うまくいかない、順調だ/順調ではない
ça vaut le coût
= ça vaut la peine
それはやってみるだけのことはある。やる価値はある。

Vidéo

Pour ouvrir la vidéo directement sur YouTube et profiter des liens temporels, cliquez ici !

Transcription de l’introduction

Bonjour à toutes et à tous ! Vous allez bien ?

Imaginez que vous soyez à la banque, au bureau de l’immigration, ou même à l’université. Seriez-vous à l’aise avec le vocabulaire des démarches administratives ?

Aujourd’hui, je vous propose de travailler ou de réviser ce vocabulaire avec un jeu vidéo, The Witcher 3. Dans les extraits suivants, le personnage principal, Geralt de Riv, le sorceleur chasseur de monstres, a en effet affaire… à la bureaucratie bancaire…

Bon apprentissage !


Questions de compréhension orale

  1. Quel est le contraire d’ « exact » ?
  2. Quel est le contraire de « vraisemblable » ?
  3. Trouvez dans les dialogues un mot synonyme de « manifestement ».
  4. Trouvez dans les dialogues une expression synonyme de « Comment puis-je vous servir ? »
  5. Que signifie la phrase « c’est un jeu d’enfant(s) » ?
    a) C’est un jeu uniquement pour les enfants.
    b) C’est une tâche facile.
    c) C’est un jeu facile à comprendre.
  6. Que signifie la phrase « rien ne marche » ?
    a) Personne ne bouge.
    b) Tout échoue.
    c) Tout fonctionne.
  7. De quoi parlent les guichetières pendant leur pause ?
    a) Elles parlent de la mode passée.
    b) Elles parlent de la mode à venir.
    c) Elles disent que Geralt n’est pas à la mode.
  8. De quoi Geralt a-t-il besoin pour réactiver son compte bancaire ?
  9. Quel autre papier officiel doit-il présenter pour l’obtenir (pour obtenir la réponse à la question 8) ?
  10. De quoi doit faire preuve Geralt pour obtenir ses papiers ?
    Il doit faire preuve d’………………………
  11. Comment doit-il se comporter ?
    Il doit être……………………
  12. Quel est le document le plus difficile à obtenir à la banque Cianfanelli ?
  13. Complétez les slogans de la banque Cianfanelli :
    a) Le client est ………… et nous veillons sur ………………………. comme si c’était ……………………
    b) ………. intérêts sont ……….. intérêts et le client a …………………………………

Certaines questions sont difficiles ? Pour vous aider ou vérifier vos réponses, vous pouvez lire la transcription des dialogues en page 2.

Les médias sociaux

Les relations sociales et l’information à l’âge d’Internet et du smartphone. Dans cette vidéo accompagnée de sa transcription, on évoque les problèmes et les usages des médias sociaux (réseaux sociaux).
インターネットとスマートフォンの時代における社会と情報がテーマです。ソーシャル・メディア(SNS)における問題や、その使い方を取り上げます。書き起こし文が付いています。

Sommaire

  1. Objectifs pédagogiques
  2. Mode d’emploi
  3. Vocabulaire
  4. Grammaire
  5. Vidéo
  6. Transcription
  7. Questions de compréhension
  8. Pour le débat et la discussion
  9. Réponses aux questions de compréhension (page 2)

Objectifs pédagogiques

  1. Isoler différentes thématiques concernant les médias sociaux
  2. Opposer qualités et défauts
  3. Parler des problèmes des médias sociaux mais aussi de leur rôle majeur aujourd’hui
  1. ソーシャル・メディアに関するいくつかの問題の切り口を把握する。
  2. 長所と短所を対立させる。
  3. ソーシャル・メディアに関する問題と、ソーシャル・メディアが現代のおいて占める重要な役割について話す。

Mode d’emploi 活用のしかた

Tout d’abord, prenez le temps de découvrir le vocabulaire et de vous familiariser avec quelques éléments de grammaire.
Puis, regardez la vidéo. Vous pouvez afficher les sous-titres français, anglais ou japonais. La transcription est visible sous la vidéo pour vous aider.
Pour finir, répondez aux questions posées en bas de la page ! Vous trouverez d’abord des questions de compréhension corrigées, puis des questions ouvertes, sans réponses, pour le débat.

まず、重要語彙に目を通し、文法事項を確認してください。
次に、動画を視聴してください。フランス語・英語・日本語の字幕を表示できます。なお、動画のすぐ下には、書きおこしが掲載されています。
最後に、ページ下部にある問題をフランス語で解いてみましょう! 前半のリスニングの質問の解答は2頁目にあります。後半の問題は正解のある問題ではなく、ディベートや会話のための手がかりのためのものです。

全部を理解することを目指してもよいですが、新しい表現や動詞の活用を覚えるだけにとどめてもよいでしょう。少し時間を置いてからまた同じページや動画を閲覧し、フランス語を上達させていってください!

Vocabulaire

Prononciation du vocabulaire en gras 太字の語彙の発音
sensibiliser関心を持たせる
connecter, se connecter, la connexion, (adj.) connecté(e)接続する、サインインする、接続、繋がっている
être joignable / rester joignable連絡がとれる状態でいる
partager des contenusコンテンツをシェアする(共有する)
les médias sociaux
(Facebook, Twitter, Line…)
ソーシャル・メディア(SNS)
les réseaux sociaux
on utilise fréquemment l’expression « réseaux sociaux » à la place de « médias sociaux ».
ソーシャル・ネットワーク、<よく上の「SNS」の意味でつかわれる>
les médias traditionnels
(journaux papiers, revues, télévision, radio…)
伝統的メディア
(新聞、雑誌、TV、ラジオ等)
un internaute
internet + ~naute (cosmonaute, astronaute…)
ネチズン、インターネット利用者
un particulier
= un individu
私人、一個人
une discussion, un message, un commentaire, un « j’aime »ディスカッション、メッセージ、コメント、「いいね」
un effet bénéfique, un effet néfaste ; une qualité, un défaut ; un avantage, un inconvénient良い効果・悪い効果、長所・短所、利点・欠点
la dépendance, l’addiction依存、中毒
le défilement infini, (adj.) chronophage無限に続くスクロール、時間を浪費させる
une information de qualité ; une information de mauvaise qualité, la désinformation良質の情報・質の悪い情報、
情報の歪曲
un buzz (faire un/le buzz)バズ(バズる)
un fait divers
(des faits divers)
三面記事
le bouche-à-oreille口コミ
quasi
= presque
ほとんど、ほぼ

Grammaire

Prépositions

  1. être muni de, être doté de, être pourvu de
  2. être dépourvu de
  3. capter l’attention de quelqu’un, attirer l’attention de quelqu’un, interpeler (interpeller) quelqu’un
  4. avoir tendance à (+ article défini et nom, ou verbe)
  5. la dépendance à, l’addiction à ; être dépendant de (être addict à)

Adjectif indéfini : tel

tel, telle, tels, telles

L’adjectif « tel » se place devant un nom (une personne ou une chose) et s’accorde avec lui . « Telle église », « tel restaurant »… Cela signifie dans ce cas : « une église particulière », « un restaurant particulier », mais sans définir quelle église ou quel restaurant.

Pronoms

Pronoms démonstratifs : celui-ci, celui-là / celle-ci, celle-là / ceux-ci, ceux-là / celles-ci, celles-là

Il y a deux chaises. Moi je prends celle-ci (proche de « je »), toi tu prends celle-là (moins proche).

Alexandre et Julien sont étudiants. Celui-ci (le deuxième, Julien) en philosophie, celui-là (le premier, Alexandre) en commerce.

Pronom personnel tonique + proposition relative = sujet

Lui dont les parents sont millionnaires se fait passer pour un « self made man »…

Toi qui ne fais rien, passe l’aspirateur !

Vidéo

Pour ouvrir la vidéo directement sur YouTube dans un nouvel onglet, cliquez ici.

Transcription

Prologue

Bonjour ! Vous allez bien ? Aujourd’hui, je vais vous parler des médias sociaux, autrement dit, les réseaux sociaux.

Le saviez-vous ? En 1947, certains imaginaient le futur comme ça…

[Extrait « La télévision : l’œil de demain » (1947), source : archives INA]

Puis, on fera des postes récepteurs de télévision bijoux, comme il y a des postes de TSF bijoux, des postes de poche, grands comme une lampe électrique. Plus besoin d’acheter un journal, on se branchera sur l’émission d’information, ou sur l’éditorial politique, ou sur la chronique de mode, ou sur le compte-rendu sportif, voire même sur un problème de mots croisés. Et la rue présentera un singulier spectacle.

Naturellement, dans le métro, on lira le poste du voisin par-dessus son épaule, et il y aura des faits divers tellement passionnants, que…

Et je ne parle pas du feuilleton. « Il était devant elle, elle était devant lui. Ils étaient l’un devant l’autre. Heureux de se sentir émus, émus de se sentir heureux. »

La télévision sera pour tous un besoin plus impérieux encore qu’aujourd’hui le cinéma ou la radio. Toutes les voitures seront munies d’un poste récepteur. Espérons qu’il n’y aura pas souvent de mauvaises nouvelles susceptibles d’affoler les conducteurs impressionnables.

Et la petite provinciale romantique n’aura pas besoin de venir à Paris pour y rencontrer son idole. Elle l’aura sur sa table de nuit.

Personne n’y échappera, et les ministres de demain, au lieu d’être choisis comme ceux d’aujourd’hui, pour leur valeur, leur intelligence, leur dévouement à la cause publique, seront choisis pour la séduction de leur sourire et le velouté de leurs yeux.

« Le pays, je le dis comme je le pense, mes chers concitoyens, a droit à la vérité. Nous sommes à un tournant de notre histoire. L’époque est cruciale, et toutes ces questions doivent être reconsidérées. Citoyens… » Dis maman, c’est à ce parti-là que je veux adhérer !

1. Esclaves de nos smartphones connectés ?

Incroyable, n’est-ce pas ? Et vous, pourriez-vous vous passer de votre téléphone portable et d’Internet pendant une journée entière ?

Bien que cela ne soit pas impossible, c’est très difficile. Notre smartphone reste à portée de main même lorsqu’on fait autre chose, comme regarder la télévision, lire un livre, jouer aux jeux vidéo ou manger. Et perdre son smartphone, ou simplement en être séparé, sont pour la plupart des gens des situations angoissantes.

2. Des relations sociales 2.0 dues à l’omniprésence d’Internet

Les relations sociales ont également évolué avec l’omniprésence d’Internet et du téléphone portable doté d’un appareil photo ou d’une caméra. Au cœur de cette nouvelle dynamique du lien social se trouvent les médias sociaux. Ceux-ci servent à faire une multitude de choses : contacter des amis, des entreprises, des services, fixer des rendez-vous, informer, s’informer et réagir à l’actualité, interpeler ses amis ou le public, s’exprimer, parler de ce qu’on aime, rassurer ses proches, partager des contenus avec les autres, comme des photos, des vidéos ou des pensées personnelles, suivre des personnes connues, des personnalités, ou, au contraire, rencontrer des personnes inconnues…

Ainsi, les médias sociaux décuplent nos possibilités de communication et d’échanges humains.

En revanche, ils ne sont pas dépourvus d’effets néfastes sur nous.

3. Les pièges des médias sociaux

D’abord, ils peuvent influencer nos manières de vivre et de se conduire. On se déplace dans tel endroit, on fait telle chose, uniquement dans le but de publier des photos tendance sur Instagram ou Pinterest. Par conséquent, les médias sociaux nourrissent nos penchants narcissiques et exhibitionnistes, ce qui n’est pas vraiment une bonne chose.

Puis, ils font tout pour capter notre attention le plus possible, avec leurs couleurs et leurs sons agréables, avec des notifications et des rappels. Comme l’information qu’ils relaient est infinie et sans cesse mise à jour par des milliers d’utilisateurs, leur utilisation peut devenir également extrêmement chronophage. On n’arrive jamais à la fin du défilement infini !

Ensuite, ils peuvent entraîner dépendance et addiction. On peut se sentir obligé de participer à toutes les discussions, de vérifier fréquemment si on n’a pas reçu de nouveau message, de commentaire ou de « j’aime ». Cette incertitude, ce va-et-vient entre satisfaction et frustration, est justement ce qui provoque chez certains une addiction aux médias sociaux.

Enfin, eux qui sont gratuits pour les utilisateurs vivent grâce à la publicité. Cette publicité personnalisée selon nos goûts, en fonction des données recueillies sur notre smartphone, est omniprésente.

4. Séparer l’info de l’intox : une tâche devenue difficile

Mais ce qui fait aujourd’hui débat, c’est surtout la question de la qualité de l’information sur les médias sociaux. En effet, l’information diffusée sur les médias sociaux est problématique, d’une part, parce qu’elle est trop souvent fragmentaire, et d’autre part, parce que son authenticité n’est pas toujours établie.

Qui a pris telle photo ? Où et quand ? N’a-t-elle pas été manipulée numériquement, modifiée ? Idem pour telle vidéo : n’a-t-on pas supprimé une partie des événements ? Et pour tel texte et telle citation : n’a-t-on pas enlevé une partie de son contexte ?

Les médias sociaux ont donc tendance à être considérés comme peu sûrs et douteux.

En fait, il serait plus juste de dire que l’on trouve de tout sur les médias sociaux, et que l’information de qualité y côtoie l’information de mauvaise qualité, voire la désinformation. Cette mixité de la qualité de l’information est à l’image de la mixité de ses utilisateurs : présidents, hommes politiques, extrême droite, néolibéraux, extrême gauche, multimillionnaires, personnalités, professeurs, scientifiques, étudiants, marques, consommateurs, journalistes professionnels et amateurs, Monsieur et Madame Tout-le-monde…

5. La légitimité des médias traditionnels remise en cause

Cependant, il ne faudrait pas conclure de cela que les médias traditionnels sont les seuls garants d’une information de qualité. Toutes les chaînes télévisées, les émissions, les journaux, les magazines et les revues ont une ligne éditoriale et des propriétaires, qu’ils soient le gouvernement ou des sociétés privées. Les journalistes qui y travaillent ont aussi leur propre subjectivité. Tout cela influence de manière complexe le contenu de l’information transmise au public.

Les médias traditionnels sont aussi dépendants de l’argent que les médias sociaux. Ils demandent une souscription ou bien affichent de la publicité. Ils peuvent aussi faire les deux. Parfois, pour attirer l’attention du public, les médias traditionnels recherchent le buzz. D’autres fois, ils captent l’attention avec un titre accrocheur ou une image choquante, sans proposer de véritable contenu. Enfin, il peut arriver qu’ils se contentent de transmettre un message sans critique ni analyse, qu’ils ne citent que les données qui vont dans leur sens, ou bien qu’ils ne relaient tout simplement pas certaines informations ou actualités.

6. Les médias sociaux prennent l’ascendant sur les médias traditionnels

En réalité, en ce qui concerne les voyages, le shopping, la nourriture, la cuisine, et les loisirs, il semblerait que les gens fassent d’ores et déjà davantage confiance à d’autres particuliers plutôt qu’aux médias traditionnels et aux journalistes professionnels. Le bouche-à-oreille passe aujourd’hui par les médias sociaux, les blogs et les évaluations individuelles sur les sites de vente en ligne. Ainsi, il n’est pas étonnant de voir de plus en plus les médias traditionnels relayer des informations apparues sur les médias sociaux, comme des vidéos, des photos ou des exclamations d’hommes politiques, par exemple. L’information n’est plus proposée unilatéralement comme avant, des journalistes professionnels vers le public. Les internautes, munis de leur smartphone avec caméra, deviennent eux aussi des informateurs, et révèlent parfois des choses que le public ignorerait autrement.

7. Des outils d’émancipation, à condition de ne pas se laisser enfermer dans une bulle

On peut aussi ajouter que les médias sociaux permettent d’initier et de conduire des actions politiques lorsque les voies traditionnelles semblent inefficaces ou inaccessibles. Le mouvement #MeToo de 2017, c’est-à-dire les dénonciations en chaîne de harcèlements sexuels, en sont un exemple, comme les mouvements de cette année dénonçant le racisme et les violences policières.

Dans les médias traditionnels, on condamne souvent les médias sociaux, alors que l’actualité passe beaucoup par ceux-ci avant ceux-là.

Néanmoins, il est nécessaire de réfléchir sur la responsabilité vis-à-vis de leurs contenus des sociétés comme Facebook ou Twitter, et deuxièmement d’éduquer les adolescents comme les adultes, à l’utilisation de médias qui peuvent soit les ouvrir sur le monde, soit les enfermer dans une bulle idéologique.

Si on constate déjà que des entreprises sanctionnent plus ou moins les messages racistes ou incitant à la violence comme l’a fait par exemple Twitter à propos d’un message du Président des États-Unis, Donald Trump, beaucoup reste à faire. De plus, les algorithmes de ces applications qui personnalisent au maximum l’expérience de l’utilisateur et les contenus affichés chez chacun sont de véritables obstacles à la diversité et à l’ouverture de pensée.

Et vous, avez-vous déjà réfléchi aux qualités et aux défauts des médias sociaux ?

Si j’en ai oublié, faites-m’en part dans les commentaires !

Au revoir, à bientôt !


Questions de compréhension

  1. Quels sont les deux aspects de la société contemporaine qui apparaissent dans l’extrait en noir et blanc de « La télévision : œil de demain » ?
    a) la société de consommation
    b) la société de l’information
    c) la société du spectacle.
  2. L’objet qui apparaît dans l’extrait vidéo fait immédiatement penser au smartphone. Pourtant, il lui manque une certaine fonction importante pour être vraiment un smartphone. Laquelle ?
  3. Complétez le texte avec les mots suivants (faites les modifications qui conviennent) : la connexion, par exemple, sensibiliser, fréquent, se connecter, au quotidien, prendre des mesures, être, quasi, rester joignable, grâce à, d’un autre côté, de plus en plus.

    D’un côté, des médecins, des scientifiques et des organisations gouvernementales _________________________ le public sur les dangers d’une utilisation trop _________________________ des téléphones portables ou d’Internet. Mais _________________________, les institutions officielles et les entreprises demandent aussi _________________________ aux gens de _________________________ : pour les formalités administratives ou bancaires, pour le travail, ou plus récemment pour _________________________ contre le coronavirus, _________________________. Aujourd’hui, que l’on _________________________ employé ou sans-emploi, chef d’entreprise ou réfugié, le smartphone et sa _________________________ à Internet sont devenus nécessaires _________________________ pour travailler, chercher un emploi, contacter sa famille et ses amis, ou simplement _________________________. Internet et le smartphone, _________________________ leur multifonctionnalité, sont devenus des outils _________________________ indispensables dans la vie de tous les jours.
  4. En regardant les informations postées par des particuliers sur Twitter (en bas), repérez et expliquez quels sont les problèmes dans les informations diffusées sur LCI (en haut à gauche) et BFM TV (en haut à droite) (Cf. image ci-dessous)

Vous trouverez les réponses page 2 !

Pour le débat et la discussion

Lecture des questions 質問の発音
  1. Selon l’extrait de 1947, quel changement va provoquer cette télévision portable sur la politique ?
  2. Aujourd’hui en 2020, est-ce devenu une réalité (ou non) avec le smartphone ?
  3. Connaissez-vous d’autres avantages et d’autres inconvénients des médias sociaux ?
  4. En quoi la personnalisation de l’expérience utilisateur sur les médias sociaux tels que Facebook ou Instagram peut-elle devenir un problème ?
  5. Comparez les paroles du politicien Christian Jacob (Les Républicains, parti politique de droite) et les 3 extraits qui suivent (sources : Le Monde et réseaux sociaux). Qu’en pensez-vous ? A votre avis, quel a été le rôle des médias sociaux dans ces 3 affaires de violences policières ?

Notre-Dame de Paris et sa flèche

Cet édifice est non seulement incontournable lors d’une visite parisienne, mais il est aussi présent dans beaucoup d’œuvres artistiques. On parle de restauration et de reconstruction, mais aussi d’autres bâtiments célèbres de Paris !
この建築物は、パリ見物に欠かせないものですが、数々の芸術作品にも登場します。このレッスンでは大聖堂の修復と再建をテーマに、パリの他の有名な建物にも触れながらお話します。

Sommaire 目次

  1. Objectifs pédagogiques
  2. Mode d’emploi
  3. Vocabulaire
  4. Grammaire
  5. Vidéo
  6. Transcription
  7. Questions de compréhension
  8. Pour le débat et la discussion
  9. Pour approfondir
  10. Réponses aux questions de compréhension (page 2)

Objectifs pédagogiques 学習目標

  1. Découvrir Notre-Dame de Paris et quelques bâtiments célèbres des alentours
  2. Pouvoir parler des problèmes touchant le patrimoine historique (sa destruction, sa reconstruction, ou sa restauration)
  3. Pouvoir parler de la relation entre le patrimoine et les œuvres artistiques, et les comparer
  4. Travailler la nominalisation.
  1. ノートル・ダム・ド・パリとその周辺の有名な建物について知る。
  2. 歴史遺産である建築物について話す(損害、修復、再建など)。
  3. 歴史遺産と芸術作品の関係について話し、それらを比較する。
  4. 名詞化を練習する。

Mode d’emploi 活用のしかた

D’abord, prenez le temps de découvrir le vocabulaire clé et de vous familiariser avec quelques éléments de grammaire.
Ensuite, regardez la vidéo. Vous pouvez afficher les sous-titres français, anglais ou japonais. La transcription est visible sous la vidéo pour vous aider.
Enfin, répondez en français aux questions posées en bas de la page ! Vous trouverez d’abord des questions de compréhension corrigées, puis des questions ouvertes, sans réponses, pour le débat.

まず、重要語彙に目を通し、文法事項を確認してください。
次に、動画を視聴してください。フランス語・英語・日本語の字幕を表示できます。なお、動画のすぐ下には、書きおこしが掲載されています。
最後に、ページ下部にある問題をフランス語で解いてみましょう!
前半のリスニングの質問の解答は2頁目にあります。後半の問題は正解のある問題ではなく、ディベートや会話のための手がかりのためのものです。

Vocabulaire

être délaissé放置される
être victime de dégradations/subir des dégradations (de la part de)損害を受ける
être détruit, la destruction破壊される、破壊
conserver, la conservation保存する、保存
préserver, la préservation保護する、保護
reconstruire, la reconstruction再建する、再建
restaurer, la restauration復元する、修復する、復元
réparer, la réparation修理する、修理
un bâtiment, un édifice, une construction建物、建築物
un monument建造物
le réalisme photographique写実的レアリズム
le réalisme historique歴史的レアリズム
la représentation (de quelque chose), la représentation qu’on se fait (de quelque chose), représenter (quelque chose), se représenter (quelque chose)表示、描写、再現、表象

Connecteurs discursifs et expressions

Effectivement (concession), … (, mais…)確かに(譲歩)~、(しかし)
De la même façon, … De même,同様に、
D’un côté, … ,(mais) d’un autre côté…一方、他方
Il faut reconnaître que (+indicatif)…~と認めなければならない。
Il faut dire que (+indicatif)…~と言わなければならない。
Faut-il (+infinitif)… ? Faut-il que (+subjonctif)… ?~ではなければならないか?
Concernant (+nom), …~に関しては、

Grammaire

La nominalisation

La nominalisation consiste à transformer un adjectif ou un verbe en nom. Maîtriser ce processus dans les deux sens apporte de la souplesse au discours : on peut passer d’une forme adjective à une forme verbale ou nominale. En changeant de tournure de phrase, on peut éviter la répétition. Il n’y a pas de règle simple pour passer de l’un à l’autre mais on ajoute souvent les suffixes -tion, -ation, -age ou -ment aux verbes, et –ie, -ise, -té, -ure, -ance, -ence, -tude ou -isme aux adjectifs.

Exemples :

verbeadjectifnom
libérerlibre, libéréla liberté, la libération

Voir plus d’exemples concernant la nominalisation sur le site Français Facile.com

Locutions

Différence entre Alors que et Bien que
On utilise « alors que » (+indicatif) pour opposer deux choses. Mais on utilise « bien que » (+subjonctif) pour concéder qu’une opposition a lieu entre deux choses (normalement, l’une aurait pu empêcher l’autre).

  1. Bien que ce ne soit pas pressé, je vais vérifier tout de suite. (Alors que ce n’est pas pressé, je vais vérifier tout de suite)
  2. La Lune tourne autour de la Terre alors que la Terre tourne autour du Soleil. (La Lune tourne autour de la Terre bien que la Terre tourne autour du Soleil.)

Non seulement… , mais (aussi)…

  1. Dans le cas où les propositions ont des verbes différents : Non seulement le train est en retard, mais il pleut (aussi) très fort.
  2. Dans le cas où deux verbes différents possèdent le même sujet et verbe auxiliaire : Je dois non seulement ranger ma chambre, mais (aussi) faire mes devoirs.
  3. Dans le cas où deux compléments partagent un même sujet et verbe : Il parle non seulement anglais, mais (aussi) japonais.

Vidéo

Transcription

Construction, dégradations, restaurations

Bonjour à toutes et à tous. Comment allez-vous ?

Aujourd’hui, je vais vous parler de Notre-Dame de Paris.

La cathédrale Notre-Dame de Paris a été construite au Moyen Âge, entre les 12e et 14e siècles.

Après le Moyen Âge, à la Renaissance, les vieux édifices religieux, sombres, lourds, avaient perdu les faveurs du public, et ont été souvent délaissés. De plus, à la Révolution française, les églises étaient souvent victimes de dégradations de la part des révolutionnaires, anticatholiques. Ainsi, la cathédrale Notre-Dame servit pendant un temps d’entrepôt à vins.

Après le couronnement de Napoléon à la cathédrale en 1804, et pendant tout le 19e siècle, des artistes et des écrivains ont œuvré pour la réévaluation de ces édifices. Les artistes et les écrivains romantiques défendaient les valeurs artistiques et historiques de ces vieux édifices Le roman Notre-Dame de Paris de Victor Hugo en est le grand symbole.

Grâce à ce mouvement, les bâtiments délaissés ont retrouvé l’attention du public. Finalement, l’architecte Viollet-le-Duc dirigea la restauration générale de la cathédrale pendant 20 ans, à partir de 1844, et fit construire une nouvelle flèche.

Toutefois, certains d’entre vous doivent s’en souvenir, un incendie a eu lieu à Notre-Dame en avril 2019. Une partie du toit et la flèche ont été détruites. Comme Notre-Dame est un bâtiment extrêmement important pour l’histoire de France et la culture française, ce fut un événement tragique.

Par la suite, beaucoup d’architectes ont envoyé des propositions de reconstruction au gouvernement. Le premier, à gauche, est un projet de jardin sur le toit de la cathédrale. Le deuxième, à droite, est un projet de toit surmonté d’une flèche en verre.

D’un côté, il y a eu beaucoup de propositions novatrices, mais d’un autre côté, beaucoup de gens voudraient au contraire une restauration plus sobre, comme par exemple une simple réparation du toit sans nouvelle flèche.

Faut-il préserver les monuments et les garder en l’état pour conserver le passé ? Ou bien faut-il les transformer pour qu’ils restent des symboles culturels vivants ? Répondre à ces questions est difficile.

Notre-Dame apparait dans un grand nombre d’œuvres artistiques françaises. Par exemple, le roman Notre-Dame de Paris de Victor Hugo a été adapté en comédie musicale en 1998. Cette comédie musicale a rencontré un grand succès. Si on la compare avec les comédies musicales d’aujourd’hui, les décors et les costumes minimalistes d’il y a 20 ans peuvent sembler dépouillés. Mais les chanteurs et les chanteuses chantent très bien et ce spectacle a suscité une grande vogue des comédies musicales en France. Jetez-y un coup d’œil si vous avez l’occasion !

Le Paris d’Assassin’s Creed Unity

Cependant, aujourd’hui nous allons approcher Notre-Dame grâce à un jeu vidéo. Certains d’entre vous le connaissent peut-être, il s’agit d’Assassin’s Creed Unity, un jeu de l’entreprise française Ubisoft, sorti en 2014. Cet épisode de la série se déroule à l’époque de la Révolution française.

On trouve dans l’histoire et le gameplay de nombreux éléments de fiction voire de fantasy, mais la reconstitution de Paris est étonnante de réalisme photographique. Concernant le réalisme historique cette fois, les développeurs n’ont pas reconstruit fidèlement le Paris de 1789, mais plutôt un Paris condensant une période plus vaste de l’histoire.

Par exemple, ici le jeu nous place en 1789, mais cette année-là, le drapeau tricolore tel qu’on le connait aujourd’hui n’existe pas encore. Effectivement, les trois couleurs, le bleu, le blanc et le rouge, sont déjà associées, mais cet ordre des couleurs en trois bandes verticales n’est fixé qu’en 1794. De la même façon, la Marseillaise que l’on entend par ci par là n’a été écrite qu’en 1792.

Ce genre d’anachronismes a été plusieurs fois souligné par les journaux français, mais vu d’aujourd’hui, il faut reconnaître que la Révolution, le drapeau tricolore et la Marseillaise sont des symboles devenus impossibles à séparer.

Là, nous voyons une plaque de rue au dessus d’une porte. En fait, ce système n’est mis en place que 40 ou 50 ans plus tard.

Donc, comme je l’ai dit plus tôt, il s’agit d’un Paris fictionnel qui condense environ un siècle d’histoire française.

Depuis les toits de la cathédrale

Mais c’est aussi un jeu vidéo, et dans un jeu vidéo, on peut faire ça. On va escalader Notre-Dame, et on va aller voir ce Paris à la fois fictionnel et réel depuis les hauteurs.

On peut escalader Notre-Dame presque dès le début du jeu.

D’ici, on peut non seulement admirer l’architecture de la cathédrale, mais aussi contempler le paysage environnant, et chercher les bâtiments célèbres de Paris.

Notre-Dame se trouve au cœur de Paris, sur l’île de la Cité. On voit au fond le Palais de la cité, demeure des rois de France au Moyen Âge, et la Sainte-Chapelle qui abriterait la couronne d’épines de Jésus-Christ. Là nous marchons sur la galerie des gargouilles. Ici, nous sommes à l’avant de Notre-Dame.

Au fond à droite, nous voyons le Palais du Luxembourg, et un peu à gauche la Sorbonne et le Quartier latin.

De ce coin de la tour, nous apercevons le Panthéon. Victor Hugo et d’autres grandes personnalités françaises y reposent. Maintenant, faisons le tour puis grimpons par l’arrière de l’une des deux tours .

Nous pouvons admirer le paysage en contrebas. Dans le passé, il y avait réellement des bâtiments tout autour des cathédrales. C’était vraiment désordonné. Il n’y avait pas les grandes places ouvertes comme aujourd’hui, et certaines maisons étaient même collées aux murs des cathédrales.

La flèche de Viollet-le-Duc

Voilà la flèche de Viollet-le-Duc. Allons la voir de plus près. Comme je l’ai dit plus tôt, cette flèche n’existe pas en 1789. Elle a été construite pendant les travaux de restauration de la cathédrale, après 1844.

Mais pour les gens d’aujourd’hui, c’est une partie représentative de Notre-Dame. Donc même s’il s’agit d’un mensonge du point de vue historique, c’était une partie que les développeurs du jeu ont tout de même voulu intégrer.

Mais il faut dire que ce choix artistique est digne d’éloges . Car si les développeurs avaient reconstitué Paris vraiment fidèlement, historiquement, la flèche ne serait pas dans le jeu. Grâce à leur décision, on peut aujourd’hui admirer de près cette flèche, bien qu’elle ait été détruite dans la réalité.

Elle culminait à une centaine de mètres de hauteur. On peut même admirer Paris d’ici. Comme il n’y a pas tous les bâtiments modernes, c’est une vue plutôt romantique.

Au centre de l’image, au fond, on aperçoit la Seine, et juste à droite de la Seine, on voit le Louvre. Mais on ne voit pas un bâtiment qu’on verrait aujourd’hui, c’est-à-dire la tour Eiffel. Elle a été construite 100 ans après la Révolution de 1789.

Voilà, aujourd’hui je vous ai parlé de Notre-Dame, en utilisant comme ressource principale un jeu vidéo. Ça vous a intéressé ?

Si oui, n’hésitez pas à cliquer sur le bouton « j’aime » et à vous abonner !

Au revoir, et à bientôt !


Questions de compréhension

  1. A la Révolution française, il y avait une flèche sur Notre-Dame ?
  2. Dans la vidéo, quels anachronismes dans la représentation de Paris ont été mentionnés à propos d’Assassin’s Creed Unity ?
  3. Quels sont les bâtiments célèbres de Paris qu’on entrevoit depuis les toits de la cathédrale (dans la vidéo) ? Vous les connaissez ?
  4. Quel mouvement artistique et culturel a permis à la cathédrale Notre-Dame de retrouver l’intérêt du public ?
  5. Transformer les verbes suivants en noms (nominalisation) :
    ex : apercevoir => l’aperçu
    a) transformer
    b) exister
    c) admirer
    d) utiliser
    e) intégrer
    f) enterrer
    g) intéresser
    h) abriter
    i) associer
    j) apparaître
  6. Cette fois, transformez les noms suivants en verbes :
    ex : une fête => fêter
    a) la demeure
    b) le couronnement
    c) la révolution
    d) la condensation
    e) la connaissance
    f) l’adaptation
    g) le jeu
    h) la demande
    i) la discussion
    j) l’invention
  7. Maintenant, transformez la tournure adjective par un nom :
    ex. : l’étudiante motivée => la motivation de l’étudiante
    a) la vue romantique
    b) l’œuvre intéressante
    c) le beau panorama
    d) des costumes minimalistes
    e) le bâtiment célèbre
    f) la proposition novatrice
    g) le monument important

Allez en page 2 pour voir les réponses !

Pour le débat et la discussion

  1. Faut-il reconstruire les monuments à l’identique ou transformer le patrimoine ?
  2. Si vous étiez architecte, quelle proposition feriez-vous et pourquoi ?
  3. Parlez d’une œuvre (un roman, un manga, un film, un jeu vidéo…) qui recrée le passé en déformant la réalité historique : comparez l’œuvre et l’histoire.
  4. Dans le jeu Assassin’s Creed Unity, on explore une représentation fictionnelle du Paris de la Révolution, qui s’écarte de la réalité historique. Mais en réalité, chacun se représente Paris différemment. Et vous, comment vous représentez-vous Paris ?
  5. Pour vous, Paris dans Assassin’s Creed Unity est-il « faux » ?

Pour approfondir

  1. Dossier sur l’histoire de la cathédrale Notre-Dame sur le site Passerelle(s) BnF.
  2. Présentation très détaillée du Paris d’Assassin’s Creed Unity sur le blog d’Odysseus0904 (Gameblog).