『NFSペイバック』でリスニング!「くだけたフランス語とスラング・俗語」#2<ミニ>

▶ 車・運転・胸像に関する語彙、くだけたフランス語・スラング/俗語、友達をからかうためのフランス語
🖊 聞き取り
⏰10分

ゲームについて
『ニード・フォー・スピード ペイバック』(Need For Speed Payback)はオープンワールドの要素を取り入れたレースゲームです。舞台はラスベガスに似た空想都市、Fortune Valleyです。ゲーム自体は特別高く評価されていませんが、フランス語の吹き替えの出来が非常に良いです!
発売年 2017
開発者  Electronic Arts/Ghost Games (スウェーデン)
CERO B(12歳以上)
機種  PS4, X Box One, Windows PC.

目次

  1. 動画
  2. リスニング問題
  3. 解答と翻訳(ページ2)

動画

動画を見る前に、指示と問題をチェックするのをお勧めします!

リスニング問題

以下のセリフを、レース中に出てきた順になるよう、1~18の番号を振りなさい。1つだけ出てこない文があります。
レースは途中ポーズせずに最初から最後まで一気に見ましょう。あらかじめ、セリフに目を通してから、レースを視聴するのをお勧めします。

Ah ouais !
Boom ! Tu t’es cru dans une auto-tamponneuse ?
C’est maintenant ou jamais !
C’est parti !
Ça va. Ça va, ça va…
Et me voilà premier !
Hé, vous roupillez ou quoi ?
Je t’aurai !
Je… ça va. J’ai bien fait de mettre ma ceinture !
Les gars, vous avez aucune chance !
OK, ça a frotté, mais c’est passé.
Prems !
Prépare-toi, je suis chaud bouillant, là !
Presque, presque…
Quelle bande de dingues !
Tranquille ! Voilà, premier !
Tu rêves !
Vous allez pas y arriver, les gars !
Vous m’aurez pas !

解答と翻訳は、ページ2にあります!

Le rire

▶Connaitre le vocabulaire du rire, de l’humour et du comique.
▶Connaitre divers points de vue sur le rire, comme ceux de Hobbes, Bergson ou Desproges.

Sommaire

  1. Vocabulaire important
  2. Vidéo
  3. Transcription
  4. Questions
  5. Réponses aux questions de compréhension (page 2)

Vocabulaire important

revenir à qqch
relever de qqch
exorciser qqch de négatif
métaphysique (adj.)
la partie supérieure de l’iceberg
potentiellement
avoir peur que + subjonctif
subversif (adj.)
la bouffe = la nourriture
cibler

Vidéo

Transcription

Bonjour à toutes et à tous. Comment allez-vous ?

Aujourd’hui, je vous propose de travailler le français et la discussion en abordant le thème du rire, qu’Aristote ou Rabelais pensaient être propre à l’homme.

Ce qui est sûr, c’est que c’est un aspect très important de la culture humaine, comme en témoignent les nombreuses tentatives de description ou de définition du rire dans les littératures anciennes et modernes.

Mais nous, nous allons nous contenter de dégager la partie supérieure de l’iceberg. Allez, c’est parti !

A chaque culture et chaque époque son humour ?

En premier lieu, je voudrais souligner que l’humour fait partie des aspects les plus difficiles à saisir dans une culture étrangère. Il y a dans l’humour quelque chose qui le lie intimement à la culture et à la langue qui l’ont vu naître. Les jeux de mots, les traits d’esprit, les non-sens ou les contresens sont très difficiles à transmettre d’une langue à une autre et les traduire revient souvent à les priver de tout ce qu’il y avait de comique en eux.

De plus, chaque culture, et je dirais même chaque époque, a ses valeurs et ses tabous qui orientent le rire. Dans un sens, il est plus facile de partager ce qui relève d’un registre sérieux que ce qui relève d’un registre comique.

Mais alors, faut-il abandonner tout espoir de rire de l’humour de l’autre ? Non, ne soyons pas fatalistes.

Deux grands types de rires

Cela étant dit, venons-en au rire en général.

Le rire a semble-t-il deux grandes facettes. Autrement dit, il y a comme deux grands types de rires.

D’un côté, il y a un rire mauvais, un rire violent, blessant. C’est le rire de celui qui ne rit pas de lui, mais des autres. Le rieur ridiculise et abaisse les autres tout en se sentant supérieur. Il flatte son ego en se moquant d’autrui. Le philosophe anglais Thomas Hobbes critique ce rire, qui hiérarchise le moqueur et le moqué, qui donne au rieur un sentiment de gloire instantanée. Il y a aussi chez Nietzsche et Kant des regards critiques sur ce rire vulgaire, d’autosatisfaction indécente. L’ironie, la satire, la parodie et la caricature sont des procédés couramment utilisés pour tourner en dérision quelqu’un ou quelque chose.

D’un autre côté, il y a un rire qu’on pourrait qualifier de « vertueux », un rire positif. Dans ce rire, le rieur est lui aussi, au moins potentiellement, objet de son rire. Ce rire positif peut aussi alléger les malheurs de la vie voire essayer de rendre plus supportable l’insupportable. Sans doute, les comiques les plus vertueux doivent aussi être les plus sensibles au tragique de l’existence, et les comiques qui ne font pas rire ceux dont ils se moquent ouvertement manquent d’éducation ou d’empathie.

Extrait 1 : Pierre Desproges
(humoriste)

Pierre Desproges : Non mais ce qui est sûr, c’est que dans le fait de se cacher derrière le rire… on rit fort pour exorciser des angoisses et des craintes. Enfin, je veux dire, ça m’est pas personnel…

Bernard Pivot : Vous avez des angoisses métaphysiques ?

Pierre Desproges : Oula mon Dieu… mon pauvre Monsieur Pivot. Si vous saviez… J’ai toujours peur de mourir sous les bombes, j’ai toujours peur que mes enfants soient enlevés, j’ai toujours peur que ma femme ait mal quelque part, j’ai toujours peur d’être en retard à Apostrophe, c’est épouvantable. Du matin au soir. Alors je ris ! Oui, je suis un angoissé.

Bernard Pivot : Est-ce qu’on peut rire de tout ?

Pierre Desproges : Absolument. Je suis catégorique. On doit rire de tout. Oui, on peut rire absolument de tout, mais pas avec tout le monde. C’est la seule restriction. Il y a des gens qui… Je veux dire, un Nazi en uniforme, un officier SS, j’ai pas envie de lui taper sur la bedaine pour rire.

Extrait 2 : Coluche
(humoriste et comédien)

Tous les photographes, les journalistes, les fans de Coluche, tous les paparazzis étaient là cette après-midi à Lille pour voir Michel Colucci dans un rôle inattendu. Un Coluche très sérieux, qui a ouvert le premier Restaurant du Cœur de France, un restaurant qui devrait nourrir gratuitement durant l’hiver tous ceux qui ne pourront pas s’offrir un repas. C’est ce que Coluche a expliqué dans une interview presque exclusive accordée à Pierre Mauroy qui l’a reçu dans sa mairie de Lille.

Coluche : Ça va commencer le 21 décembre pour finir le 21 mars. Ça va durer pendant les 3 mois de l’hiver, et on va essayer de fournir 200 000 repas aux gens les plus nécessiteux quoi, parce que bon, on s’est dit que c’était pas normal que dans un pays de bouffe comme la France des gens manquent de nourriture, quoi.

Tout rire est potentiellement subversif

Malgré tout, le comique, qui s’exprime plutôt dans des actions et dans des situations, et l’humour, qui s’exprime dans le langage, ne sont pas dépourvus de toute tendance agressive et subversive. Dans la théorie vitaliste du philosophe français Henri Bergson, le rire cible tout ce qu’il y a de figé, de raide, de mécanique dans la société humaine.

Vocabulaire

Pour finir, passons en revue quelques expressions qui ont rapport avec le rire.

Le verbe rire a comme synonymes rigoler, se marrer, se bidonner, dans le langage parlé.

Lorsqu’on rit franchement et bruyamment, on peut éclater de rire, exploser de rire, rire aux éclats ou s’esclaffer. Si le rire devient incontrôlé et incontrôlable, on utilisera les expressions pouffer de rire, rire comme un fou, avoir un fou rire, se tordre de rire, rire aux larmes voire mourir de rire. Si l’on cache du mieux qu’on peut son rire, on pourra rire dans sa barbe ou rire sous cape. Enfin on peut rire de bon cœur, ou au contraire rire jaune, c’est-à-dire rire de manière forcée ou pour dissimuler une gêne.

Mais, on exprime sans doute le plus souvent sa joie par un simple sourire.

En revanche, il existe des choses qui ne nous font pas rire : « ça ne me fait pas rire ! »

Lorsqu’on veut souligner que quelque chose est destiné à faire rire, on dira « c’est pour rire ! », et au contraire, si on veut signifier que quelque chose est fait très voire trop sérieusement, on dira « ça ne rigole pas ! »

Les adjectifs les plus couramment utilisés pour qualifier quelque chose ou quelqu’un qui fait rire, sont amusant, drôle, comique, marrant ou fun ; hilarant, désopilant, tordant lorsque c’est vraiment très drôle, et risible si on veut souligner négativement le ridicule de la chose.

Il existe bien sûr de nombreux proverbes sur le rire. En voici quelques uns :

Plus on est de fous plus on rit.
Rira bien qui rira le dernier.
Mieux vaut en rire qu’en pleurer.

Voilà, c’est tout pour cette fois. Si cette vidéo vous a été utile dans votre apprentissage du français, faites-le-moi savoir en likant ou en laissant un commentaire.

Questions

Questions de compréhension

  1. L’humour, plus que le comique, est difficile à transmettre d’une culture à une autre. Vrai ou faux ?
  2. Du point de vue de quel philosophe le rire a un effet néfaste ?
    a) Thomas Hobbes
    b) Henri Bergson
    c) Aristote
  3. Qui est l’auteur de la phrase suivante restée célèbre : « On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde » ?
    a) Coluche
    b) Rabelais
    c) Desproges
  4. Pour le philosophe Henri Bergson, le rire est une réaction contre :
    a) les machines et les robots
    b) l’automatisme qui s’installe dans les affaires humaines
    c) ce qui est suspect dans la société
  5. On peut rire dans sa barbe même si on n’a pas de barbe. Vrai ou faux ?

Questions pour la discussion

  1. Etes-vous quelqu’un de plutôt comique ou de plutôt sérieux (sérieuse) ? Aimez-vous rire ? Avez-vous beaucoup d’ami.e.s amusant.e.s ? Avec qui riez-vous le plus dans votre famille ? Qu’est-ce qui vous fait rire le plus ? Qu’est-ce qui ne vous fait pas rire ?
  2. Êtes-vous d’accord avec Pierre Desproges lorsqu’il dit qu’on peut rire de tout mais pas avec tout le monde ?
  3. Présentez un humoriste ou un comédien amusant que vous aimez bien. Qu’est-ce qui vous fait rire dans ses sketchs ou dans ses films ? (ses gestes et ses expressions ? son vocabulaire ?…)
  4. Ces dernières années, des caricatures françaises ont parfois été au cœur de l’actualité. En avez-vous entendu parler ? Quel est votre avis sur ce sujet ?

Interview : Traduire des mangas

▶Découvrir le métier de traducteur
▶Connaître quelques grandes différences entre le français et le japonais
▶S’intéresser à la situation du manga en France
▶Grammaire : la question rhétorique

Sommaire

  1. Vocabulaire
  2. Grammaire
  3. Vidéo
  4. Transcription
  5. Questions
  6. Réponses aux questions de compréhension (Page 2)

Vocabulaire

Prononciation des mots en gras 太字の言葉の発音
une interview
(attention : on dit « un entretien » pour le travail)
un traducteur, la traduction, traduire
un éditeur
un graphiste
un relecteur
un adaptateur
être indépendant, l’indépendance, (adj.) ~indépendant(e)
l’autonomie, être autonome, travailler en autonomie
(= tout seul)
l’isolement, être isolé
(= être coupé des autres)
être à l’aise (avec, dans)…
(= être confortable)
la cohérence, (adj.) cohérent(e)
(adv.) notamment, surtout, en particulier
(adv.) probablement
(adv.) effectivement
(adj.) ~spécifique
la paperasse
une déclaration (faire~)
pardon
(utilisé pour se corriger soi-même) Ex : « J’ai un chien… un chat, pardon. » ou bien « J’ai un chien… pardon, un chat ! »

Un point de grammaire

Procédé stylistique : la question rhétorique

La question rhétorique est une question à laquelle on répond en général soi-même. C’est une question purement formelle, ce n’est pas une vraie question posée à celui avec qui on parle.
Cela sert à captiver l’attention de l’interlocuteur (ou des auditeurs).

Exemples tirés de l’interview :

  1. Qu’est-ce que ça veut dire être traducteur indépendant ? Ça veut dire…
  2. Concrètement comment ça se passe ? Une fois que j’ai pris contact avec un éditeur….
  3. Pourquoi ? Pour que…

Vidéo

Pour ouvrir la vidéo sur YouTube dans un nouvel onglet, cliquez ici !

Transcription

Laurent : Bonjour à toutes et à tous ! Vous allez bien ? Cette fois-ci, je vous propose de travailler le français à partir d’une interview. Aussi, j’ai le plaisir de recevoir un invité. Bonjour Alexandre !

Alexandre Goy : Bonjour.

Question 1 (0 : 36)

L. : Alors, tu as obtenu ton doctorat en Études japonaises, et maintenant tu es traducteur indépendant. Peux-tu nous apprendre quels sont les différents aspects de ton travail, puis quels sont, pour toi, les avantages de ton métier, mais aussi ses facettes plus contraignantes ?

A. : Bien sûr ! Alors, je suis traducteur indépendant. Qu’est-ce que ça veut dire être traducteur indépendant ? Ça veut dire travailler en autonomie totale, c’est-à-dire que la plupart du temps, je suis chez moi ou à la bibliothèque, je travaille dans mon coin sur les différents éléments que me fournissent les éditeurs, en l’occurrence. Les éditeurs, avec qui je travaille sur des mangas, sur des romans, des light novels, et qui me demandent donc de traduire du japonais au français ces différentes histoires.

Être en autonomie, ça ne veut pas dire être totalement isolé. Un travailleur, un traducteur indépendant pardon, va travailler avec des partenaires en plus de l’éditeur. En règle générale, il s’agit de graphistes, c’est-à-dire les personnes qui vont mettre dans les bulles, dans les cases, les traductions que je vais faire du matériel original, et des relecteurs, qui vont s’assurer qu’il n’y a pas de fautes dans mon français, parfois aussi des adaptateurs, qui vont eux regarder la cohérence globale de la traduction pour s’assurer que le lecteur francophone ne… soit totalement à l’aise avec ce qui est dit dans le manga ou dans le roman.

Concrètement comment ça se passe ? Une fois que j’ai pris contact avec un éditeur, si celui-ci a besoin de moi, il m’enverra soit par la poste les ouvrages originaux, donc en règle générale des mangas ou des romans, soit par mail des versions numériques, donc des romans scannés, des mangas scannés. Une fois que je reçois le matériel de base, je dois passer par différentes étapes. Première étape dans le cas d’un manga par exemple, je dois indexer les différentes pages. Indexer, cela veut dire que je vais numéroter chacun des dialogues, numéroter chacune des bulles, mais aussi numéroter chacune des onomatopées que je vais traduire par la suite. Pourquoi ? Pour que les graphistes notamment puissent associer ma traduction à un numéro et le reporter facilement sur la planche au milieu du dessin.

Pour un manga, restons sur l’exemple du manga, en règle générale, 200 pages de manga sont traduites entre 28 et 42 heures de travail effectif. Alors pourquoi un si large éventail de temps ? Parce qu’il arrive parfois que je sois amené à faire des recherches. Certains mangas abordent des sujets spécifiques, comme par exemple la justice. Si un manga met en scène un avocat, je dois m’assurer de connaître le vocabulaire spécifique à ce métier, spécifique à ce domaine, pour faire parler, pour faire parler le personnage comme si c’était un avocat français. C’est une étape qui demande énormément de temps, d’implication, et de travail évidement, et qui arrive en règle générale suite à une lecture complète du manga pour s’assurer que j’ai bien assimilé l’ensemble des informations contenues dans le manga.

Ensuite, les horaires que j’applique à mon travail quotidien sont bien sûr libres puisque je suis indépendant, mais en règle générale, comme il y a une date de rendu déterminée avec l’éditeur, je dois m’assurer d’avoir fini mon travail dans les temps. Donc, la plupart du temps, je travaille 8 à 9 heures par jour, tout au long de la semaine.

Ensuite, mon travail de traducteur indépendant ne se limite pas malheureusement à l’unique traduction. Je dois aussi m’assurer de tout ce qui est administratif autour de mon activité, donc toute la paperasse qui est liée aux contrats, au suivi des factures, mais aussi aux relations avec l’administration française pour notamment des déclarations. Cet aspect-là de mon travail fait partie, je dirais, des facettes les plus rebutantes comme tu le disais. Il y en a d’autres aussi : des fois, on peut se retrouver en tant que traducteur isolé, c’est-à-dire qu’on est tellement pris par son travail, c’est probablement vrai pour d’autres travaux, mais quand on est seul devant son écran à travailler la traduction, et bien on, finalement, on se coupe un petit peu des autres activités, notamment des activités sociales, et ce sont surtout mes amis qui se plaignent de me voir le moins, de moins en moins.

Par contre, il y a de grands avantages à faire ce métier, notamment tout ce qui implique la liberté créatrice. On peut mettre à profit sa créativité naturelle dans le manga de la traduction… dans le métier de la traduction, pardon. Ça nous ouvre également à différents univers, des univers culturels que nous ne maitrisons pas forcément tout de suite, mais qui nous permettent aussi de changer notre vision sur le monde. Par exemple, j’ai travaillé sur des mangas qui parlent de handicap, j’ai travaillé sur des mangas qui parlent de l’univers du cinéma, j’ai travaillé sur des mangas aussi fantastiques qui mettent en lumière certains éléments de la culture populaire japonaise, et qui sont formidables à découvrir.

Question 2 (7:03)

L. : Et donc tu traduis des mangas et des livres du japonais vers le français.

A. : Tout à fait.

L. : Alors quels sont les principales difficultés que tu rencontres lorsque tu traduis en français ce qui est exprimé en japonais ?

A. : Alors effectivement, il y a de nombreuses différences entre le français et le japonais, à savoir que les règles qui vont prédominer dans mon travail ce seront celles imposées par le français évidemment, vu que la langue cible est le français et qu’il faut que je m’assure que nos lecteurs francophones soient tout à fait à l’aise avec ma traduction.

Les principales règles qui sont imposées par le français sont notamment la morphologie de la phrase, la construction grammaticale autour du sujet, alors qu’en japonais souvent on estime que la phrase elle se construit autour du prédicat. Donc il y a une véritable opposition entre l’importance du sujet qui est en français, et l’importance de l’information en japonais.

En français, un énoncé strict est souvent construit autour d’un sujet, (d’un) verbe et d’un complément, alors qu’en japonais, l’énoncé minimal complet lui peut se réduire à un seul mot, que ce soit un nom, un pronom, un mot de qualité*. Et cela pose aussi un problème en termes graphiques, puisque du coup, et notamment dans les mangas, les bulles, des fois, sont très petites dans le format originel, parce qu’elles n’ont pas besoin d’accueillir de longues phrases, le japonais pouvant se résumer parfois à un mot, un adjectif, et rendre ce mot ou cet adjectif en français avec la construction sujet-verbe-complément est parfois compliqué ne serait-ce que pour rentrer dans la bulle en elle-même.

Par exemple, en japonais, on dit, on peut dire « samui » donc qui littéralement signifie « froid » mais qui en français devra être traduit « il fait froid » ou « j’ai froid », selon la nature du sujet et du complément. Et donc c’est compliqué parce que, il faut à la fois que le traducteur synthétise un maximum les informations contenues dans la phrase japonais, dans la phrase japonaise pardon, mais il doit quand même rendre une phrase française claire et suffisamment descriptive pour être comprise par le lecteur français. Donc ce sont des difficultés auxquelles j’ai affaire quotidiennement, et auxquelles j’ai des fois du mal à trouver des solutions.

En plus, en français, on a une autre difficulté, c’est que la répétition est quelque chose que l’on déteste, donc même si le sujet doit toujours être présent dans la phrase, le rappeler systématiquement c’est d’un terme… d’un point de vue stylistique, c’est habituellement peu admis, on va dire.

*Note : en français, un énoncé peut parfois se réduire à un seul mot (on appelle cela une prophrase), mais c’est généralement une réponse. Exemple :
– Comment est ce manga ?
– Excellent ! (pour : Il est excellent !)

Question 3 (10:24)

L. : Les États-Unis ont récemment remplacé la France en tant que deuxième pays consommateur de manga. Néanmoins, ce qui ne changera pas, c’est la place pionnière de la France dans l’importation et la traduction de mangas et d’animés. Moi, j’ai découvert les mangas au collège, avec Dragon Ball, il y a environ 25 ans. Et toi ?

A. : Et bien moi, ça devait être à peu près à la même période, au collège également. Je crois me souvenir que le tout premier manga que j’ai eu entre les mains s’appelait Appleseed. C’était un manga de Masamune Shirô, et il était édité en France aux éditions Glénat. Ça devrait être au début des années 90. Mais c’était il y a tellement longtemps que je ne me souviens même pas du contenu. Je ne l’ai pas relu récemment. Par contre, un manga, le premier manga que j’ai acheté et qui m’a accompagné jusqu’à aujourd’hui, je dirais que ce serait du même auteur que Dragon Ball, Docteur Slump de Akira Toriyama, qui met donc en scène le professeur Sembei Norimaki et son petit robot du nom de Aralé*. C’était à la fois drôle et bizarre et c’était formidable de découvrir ce manga. Par la suite, je me suis un peu plus intéressé aux mangas dans leur globalité et j’ai lu notamment le manga Fly !, en japonais il s’agit de Dai no daibôken qui est écrit par Riku Sanjô et Kôji Inada et qui est une histoire d’amitié qui est vraiment extraordinaire que j’ai beaucoup aimé. Et puis, ben, par la suite, j’ai grandi, j’ai découvert différentes choses et notamment une catégorie de manga que je ne connaissais pas encore, qu’on appelait déjà à l’époque le « shôjo manga », donc le manga destiné, dit-on, aux filles et j’ai découvert une autrice qui s’appelle Yuki Kaori avec le manga Angel Sanctuary qui m’a tenu en haleine de longues années.

* Pour les noms étrangers, parfois on ne fait pas l’élision à « de » pour que le nom soit bien audible et compréhensible. Ce qui n’empêche pas de dire « d’Akira Toriyama » et « d’Aralé » si on préfère.

Question 4 (13:07)

L. : Et alors, quels sont les mangas et les animés qui sont populaires aujourd’hui en France ?

A. : Alors c’est une question difficile à répondre pour moi parce que je suis toujours… je me place toujours, on va dire, du côté du public plus que du côté des éditeurs donc je n’ai pas les chiffres précisément à te communiquer, néanmoins en France en ce moment on voit beaucoup, beaucoup d’affiches d’un manga qu’on appelle en France Demon Slayer et qui est titré au Japon, Kimetsu no Yaiba, je crois, et en fait c’est l’illustration de ce qui marche particulièrement chez nous, c’est-à-dire plutôt des mangas et des animés orientés action.

Question 5 (13:58)

L. : Et quel est ton ressenti sur la situation actuelle du manga en France ?

A. : C’est vrai qu’on a appris très récemment que le marché du manga en France est passé de la deuxième position à la troisième, puisque les États-Unis ont rattrapé leur retard en redécouvrant une certaine quantité de classiques dans le manga. Cependant, de mon point de vue en tout cas, de ce que je peux en voir, j’ai l’impression que la situation est encore très très dynamique en France, qu’il n’y a pas encore de soucis pour découvrir de nouveaux auteurs. La preuve en est (que) les auteurs japonais viennent régulièrement nous voir ici en France durant les conventions, durant les festivals, et le public est toujours très réceptif, j’ai l’impression, aux nouvelles œuvres, et très en demande de nouveautés. Donc je ne pense pas qu’il y aura un recul de l’activité du manga en France particulièrement.


Questions

Questions de compréhension

  1. Quelle expression synonyme de « en règle générale » est apparue dans l’interview ?
  2. Et quelle expression synonyme de « parfois » ?
  3. Et quel mot synonyme de « un travail » ?
  4. Enfin, quelles sont les deux autres expressions synonymes de « c’est-à-dire » présentes dans le texte ?
  5. La France est-elle le deuxième marché mondial des mangas avant les États-Unis ?
  6. Le « shôjo manga » est un genre de manga destiné aux garçons ?
  7. Corrigez les phrases suivantes pour qu’elles soient vraies :
    a) Le sujet d’une proposition peut être souvent omis en français.
    b) Contrairement au japonais, la répétition est admise en français.
    c) La taille des bulles des mangas est parfois trop grande pour la traduction française.
  8. Transformez ces questions rhétoriques et leur réponse en phrases simples (sans question rhétorique).
    a) Qu’est-ce que ça veut dire être traducteur indépendant ? Ça veut dire travailler en autonomie totale.
    b) Alors pourquoi un si large éventail de temps ? Parce qu’il arrive parfois que je sois amené à faire des recherches.
  9. Transformez cette phrase en question rhétorique suivie de sa réponse.
    Les principales règles qui sont imposées par le français sont notamment la morphologie de la phrase et la construction grammaticale autour du sujet.
  10. Conjuguez correctement les verbes dans les phrases suivantes :
    a) En tant que traducteur indépendant, il arrive qu’on (être) parfois isolé.
    b) Il faut adapter le texte japonais, pour que les francophones (pouvoir) bien le comprendre.

Les bonnes réponses se trouvent en page 2 !

Pour le débat et la discussion

  1. Présentez un manga que vous trouvez intéressant (vous n’êtes pas obligé de l’aimer !). Qui est le dessinateur (ou la dessinatrice) ? Le ou la scénariste ? Est-il fini ou en cours de publication ? Résumez son histoire. Parlez des personnages. Pourquoi l’aimez-vous ? Pourquoi vous ne l’aimez pas ? Est-ce qu’il a été adapté en série animée, en film ou en jeu vidéo ?
  2. Comparez un volume d’un manga japonais et un volume d’une BD franco-belge (Astérix, Tintin, Les Schtroumpfs…). Quelles sont les différences ? (Format, prix, visuel, organisation des cases, nombre de pages…)
  3. Le manga et l’animation japonaises ont beaucoup influencé la BD franco-belge actuelle. Donnez des exemples en recherchant sur internet.
  4. L’édition des mangas est très segmentée, avec pour beaucoup d’œuvres leur public assez précis, ou leur thème bien délimité. Les planches montrées dans la vidéo appartiennent par exemple à un manga qui traite de cuisine, Mister Ajikko (traduit en 2019 chez Black Box), dont l’adaptation en série animée a été diffusée sur TF1 dans les années 90 (Le petit chef). Connaissez-vous d’autres mangas qui parlent de thèmes très spécifiques, ou bien qui ciblent un public particulier ?

『ウィッチャー3』でリスニング!「事務手続き」編

▶事務手続きの会話練習、くだけた話し言葉を学ぶ
🖊 内容理解
⏰30分

ゲームについて
ポーランドのゲーム開発会社CD Projekt REDの『ウィッチャー3』は、251回も「2015年の最優秀作品」(ゲーム)に選出されました。画質、シナリオ、音楽、そしてゲームプレイの質は並外れて高い。しかし、暴力や裸体のシーン、またときに卑俗な言葉が含まれるため、このゲームは大人向けとなっている。それでも、本作は3000万本以上のセールスに達した。
発売年 2015/2016
開発者 CD Projekt RED
CERO Z (18歳以上)
対応機種 PC, PS4, XBox One, Switch

目次

  1. 動画
  2. リスニング問題
  3. 会話(抜粋)の書き起こし – 2ページ
  4. 解答 – 3ページ

動画

動画には、会話の抜粋が見られます。動画を見る前に、PDFの印刷とリスニング問題の確認をお勧めします!


リスニング問題

重要語彙のリスト♪

抜粋1

  1. « exact »の対義語は何ですか?
  2. « vraisemblable »の対義語は何ですか?
  3. 銀行口座を復元させるために、Geraltに何が必要ですか?

抜粋2

  1. 抜粋1の« Comment puis-je vous servir ? » と同じ意味の表現は何ですか?
  2. Geraltは、必要な書類を発行させるために、正しい窓口に問い合わせましたか? Oui / Non

抜粋3

  1. 必要な書類を発行させるために、Geraltは今回こそ、正しい窓口に問い合わせましたか? Oui / Non
  2. 最初に必要だった書類を発行させるために、Geraltは今度どんな書類を提出しなければいけませんか?

抜粋4

  1. 窓口の係員たちは何について話していますか?
    a) Elles parlent de la mode passée.
    b) Elles parlent de la mode à venir.
    c) Elles disent que Geralt n’est pas à la mode.
  2. Geraltはだれを探していますか?
  3. この抜粋で起きたことの説明として適切なものはどれですか?
    a) La femme que cherche Geralt n’est pas là et il repart.
    b) La femme que cherche Geralt est là mais ne veut pas lui parler.
    c) La femme que cherche Geralt est là mais il ne la voit pas.

抜粋5

  1. 抜粋1の« manifestement » の同義語は何ですか。
  2. « c’est un jeu d’enfant(s) » とは、どういう意味ですか?
    a) C’est un jeu uniquement pour les enfants.
    b) C’est une tâche facile.
    c) C’est un jeu facile à comprendre.
  3. Cianfanelli 銀行で一番入手が難しい書類の名前は何ですか?

抜粋6

  1. « rien ne marche »とは、どういう意味ですか?
    a) Personne ne bouge.
    b) Tout échoue.
    c) Tout fonctionne.
  2. 書類をもらうために、Geraltはどのような態度を示さなければなりませんか?
    Il doit faire preuve d’ _________________
  3. どのように行動すべきですか?
    Il doit être _________________

すべての抜粋において(1~6)

  1. Cianfanelliのスローガンを完成しましょう。
    a) Le client est _________________ et nous veillons sur _________________ comme si c’était _________________
    b) _________________ intérêts sont _________________ intérêts et le client a _________________

難しい質問がありますか? 
会話の書き起こしを読んで再チャレンジしましょう!
解答の確認は、最後にしましょう!

Notre-Dame de Paris

▶Découvrir l’histoire de Notre-Dame
▶Parler des problèmes touchant le patrimoine historique

Sommaire

  1. Vocabulaire
  2. Vidéo
  3. Transcription
  4. Questions
  5. Pour approfondir
  6. Réponses aux questions de compréhension (page 2)

Vocabulaire

être délaissé
être victime de dégradations/subir des dégradations (de la part de)
être détruit, la destruction
conserver, la conservation
préserver, la préservation
reconstruire, la reconstruction
restaurer, la restauration
réparer, la réparation
un bâtiment, un édifice, une construction
un monument

Vidéo

Transcription

Bonjour. Dans cette vidéo, je vais vous présenter rapidement Notre-Dame de Paris.

La cathédrale Notre-Dame de Paris a été construite au Moyen Âge, entre les 12e et 14e siècles.

Après le Moyen Âge, à la Renaissance, les vieux édifices religieux étaient souvent délaissés car ils avaient perdu les faveurs du public. De plus, à la Révolution, les églises étaient souvent victimes de dégradations de la part des révolutionnaires, opposés au roi et donc à l’Église catholiques. La cathédrale Notre-Dame servit alors pendant un temps de simple entrepôt à vins.

Après le couronnement de Napoléon à la cathédrale en 1804, et pendant tout le 19e siècle, des artistes et des écrivains ont œuvré pour la réévaluation des anciens édifices du Moyen Âge. En effet, les artistes romantiques défendaient les valeurs artistiques et historiques de ces vieux édifices. Le roman Notre-Dame de Paris de Victor Hugo en est le grand symbole.

Grâce à ce mouvement, les bâtiments délaissés ont retrouvé l’attention du public. Finalement, l’architecte Viollet-le-Duc dirigea la restauration générale de la cathédrale pendant 20 ans, à partir de 1844, et fit construire une nouvelle flèche.

Toutefois, certains d’entre vous doivent s’en souvenir, un incendie a eu lieu à Notre-Dame en avril 2019. Une partie du toit et la flèche ont été détruites. Comme Notre-Dame est un bâtiment extrêmement important pour l’histoire de France et la culture française, ce fut un événement tragique.

Par la suite, beaucoup d’architectes ont envoyé des propositions de reconstruction au gouvernement. Le premier, à gauche, est un projet de jardin sur le toit de la cathédrale. Le deuxième, à droite, est un projet de toit surmonté d’une flèche en verre.

D’un côté, il y a eu beaucoup de propositions novatrices, mais d’un autre côté, beaucoup de gens voudraient une restauration plus sobre, comme une simple réparation du toit sans nouvelle flèche.

Faut-il préserver les monuments, les garder en l’état pour conserver le passé ? Ou bien faut-il les transformer pour qu’ils restent des symboles culturels vivants ? Répondre à ces questions est difficile.

Voilà. Ma courte présentation de Notre-Dame et de son actualité s’arrête ici. A bientôt !

Questions

Questions de compréhension

  1. Notre-Dame de Paris _______________ au Moyen Âge.
    a) a été victime de dégradations
    b) a perdu les faveurs du public
    c) a été construite
  2. A la Renaissance, elle ____________ .
    a) a été victime de dégradations
    b) a perdu les faveurs du public
    c) a été construite
  3. A la Révolution française, Notre-Dame de Paris __________________ .
    a) a été victime de dégradations
    b) a perdu les faveurs du public
    c) a été construite
  4. Quel mouvement artistique et culturel a permis à la cathédrale Notre-Dame de retrouver l’intérêt du public ?
  5. Quand est-ce que la cathédrale a été restaurée ?

Allez en page 2 pour voir les réponses !

Pour le débat et la discussion

  1. Faut-il reconstruire les monuments à l’identique ou transformer le patrimoine ?
  2. Si vous étiez architecte, quelle proposition feriez-vous pour Notre-Dame de Paris et pourquoi ?

Pour approfondir

  1. Dossier sur l’histoire de la cathédrale Notre-Dame sur le site Passerelle(s) BnF.
  2. Compilation de propositions soumises pour la reconstruction de la cathédrale (en anglais) :