Le Mont-Saint-Michel

▶ Découvrir l’histoire du Mont-Saint-Michel
▶ Apprendre du vocabulaire en lien avec l’architecture

Sommaire

  1. Vocabulaire
  2. Vidéo
  3. Transcription
  4. Questions
  5. Réponses aux questions de compréhension (page 2)

Vocabulaire

gagner en importancedevenir plus important
se laisser aller (à)ne plus faire attention à son comportement
faire amende honorablereconnaître ses tords et s’excuser
mettre en chantier (qqch)engager = débuter = s’atteler à = engager = commencer
un lieu de détention = un établissement pénitentiaireune prison
s’exécuterobéir
compenser (par/avec)équilibrer
reposer sur = être soutenu pars’appuyer sur
les vicissitudesles événements heureux et malheureux
d’autant plus que…surtout que… (all the more so since… / いっそう)
l’ordre des bénédictinsun ordre religieux suivant la règle de Saint Benoît (Sanctus Benedictus)
le scriptoriumlieu d’un monastère où les moines écrivent et copient les manuscrits

Vidéo

Transcription

Avez-vous entendu parler du Mont-Saint-Michel ? Peut-être y êtes-vous déjà allé. Mais que savez-vous de ce site classé sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO ? Que connaissez-vous de son histoire, de son architecture, ou de sa situation géographique ? Bref, savez-vous pourquoi le Mont-Saint-Michel est l’un des monuments historiques les plus visités de France ?

1. Géographie

Le Mont-Saint-Michel se trouve au nord-ouest de la France, à la frontière entre la Bretagne et la Normandie.

La commune du Mont-Saint-Michel comprend un territoire sur le continent et un îlot rocheux coiffé par la célèbre abbaye. C’est ce rocher, sur lequel un culte est dédié à l’archange Saint-Michel depuis le 8e siècle, qui a donné son nom à la fois à la commune et à la baie toute entière.

On accède au rocher montois par un pont-passerelle, puis il faut gravir la rue principale du village pour arriver à l’abbaye. Si on veut éviter un tant soit peu la foule, on peut aussi passer par les remparts qui longent le côté est.

Une fois dans l’abbaye, l’ascension continue, jusqu’à arriver à l’église qui couronne ce chef d’œuvre architectural.

3. Histoire

Personne ne peut dire précisément quand est-ce que le Mont Tombe est devenu un lieu de culte.

Mais l’histoire chrétienne du Mont-Saint-Michel commence, selon la tradition, au VIIIe siècle. En 708, l’archange Saint-Michel serait apparu par trois fois à l’évêque d’Avranches, Aubert, pour lui ordonner de construire un oratoire sur l’îlot appelé le Mont Tombe. Il s’exécute et le rocher est bientôt rebaptisé « le Mont-Saint-Michel-au-péril-de-la-mer ». En dépit de sa dangerosité d’accès, le lieu gagne en importance, les pèlerins y affluent et une petite communauté villageoise s’installe auprès des religieux qui édifient une église et une chapelle au Xe siècle.

En 966, le duc Richard Ier de Normandie chasse la communauté religieuse, qui se serait un peu trop laissée aller aux joies de l’existence, et donne le Mont à des moines de l’ordre des bénédictins. Soutenus financièrement par les ducs de Normandie, anciens vikings installés en France et futurs conquérants de l’Angleterre, ils vont entamer la construction d’une grande abbaye.

Le sommet du rocher montois est si petit qu’il ne peut soutenir qu’une partie du grand bâtiment religieux. L’église repose donc en partie sur le rocher, la croisée du transept, et en partie sur un soutènement constitué principalement de 4 cryptes, dont l’une est l’ancienne chapelle pré-romane construite par la première communauté chrétienne et toujours visible de nos jours : Notre-Dame-sous-Terre.

Pendant les XIe et XIIe siècles, on construit ainsi l’église romane, et les bâtiments monastiques entourant l’église. Ces constructions subissent à plusieurs reprises des dégâts : effondrements, tempêtes, incendies dus à la foudre…

Au début du XIIIe siècle, le Mont est cette fois victime de grands dommages lors d’une tentative d’invasion armée des troupes bretonnes alliées à Philippe Auguste, qui cherchent à reconquérir les territoires que le roi d’Angleterre Jean sans Terre, descendant des ducs de Normandie, possède alors en France.

Les troupes bretonnes, qui n’arrivent pas à prendre l’abbaye fortifiée, incendient le village alors situé au nord de l’île avant de s’en aller. Le feu se propage au-delà des fortifications et détruit une grande partie du monastère.

Philippe Auguste, après avoir réussi à s’emparer des terres de son rival, cherche à faire amende honorable. Il soutient un nouveau projet de reconstruction qui est alors mis en chantier.

La nouvelle construction, appelée « la Merveille », consiste en trois bâtiments de chacun trois étages, alignés d’est en ouest, et de style gothique. Le bâtiment le plus à l’est est construit en premier. L’étage inférieur sert à accueillir les pèlerins, l’étage directement supérieur sert à recevoir les nobles, et le dernier étage sert de réfectoire aux moines. Les trois étages du deuxième bâtiment de la Merveille servent, de bas en haut, d’entrepôt à provision, de salle de travail ou « scriptorium », pour les moines, et enfin de cloître.

Le troisième bâtiment du projet ne sera quant à lui jamais construit. A la place, le village concentré au sud-est est fortifié pour protéger l’accès à l’abbaye.

Par conséquent, la route des pèlerins qui jusqu’alors longeait le côté nord ou le côté sud du mont avant d’arriver à l’église par l’ouest, passera dorénavant par la rue principale du village, continuera vers un nouveau bâtiment où se trouve la salle des gardes et un tribunal, et finira par le long escalier à ciel ouvert appelé le « Grand degré ».

Le 20 septembre 1421, le chœur de l’église s’effondre. Comme la crypte orientale qui soutenait le chœur n’est pas détruite, elle sera renforcée, gagnant son nouveau nom de « crypte des gros piliers », pour soutenir les colonnes du chœur gothique flambant neuf de 25 mètres de haut, élancé et lumineux. Le chœur de l’église sera également soutenu à l’extérieur par des arcs-boutants, qui compensent avec grâce la poussée exercée sur les voûtes.

En août 1776, un incendie créé des dommages irréversibles et la partie occidentale de la nef est abattue. On construit alors une nouvelle façade, de style classique cette fois, pour fermer l’église, qui est donc plus courte qu’à l’origine.

Au moins depuis le XVe siècle, sous Louis XI, l’île fortifiée coupée du continent servait de lieu de détention pour des prisonniers politiques, mais de la Révolution française jusqu’en 1863, la « Bastille des mers » comme on l’appelle parfois sera utilisée exclusivement comme prison d’État.

La grue à treuil que l’on peut voir lors de la visite est un témoin de cette époque où demeurait dans les cellules du Mont-Saint-Michel plusieurs centaines de prisonniers.

En 1863, sous Napoléon III, l’îlot cesse d’être un établissement pénitentiaire, et en 1872, le gouvernement de la IIIe République engage la restauration du Mont-Saint-Michel. Celui-ci est classé « monument historique » en 1874. Trois architectes vont successivement diriger les travaux. Ils sont tous disciples directs ou indirects d’Eugène Viollet-le-Duc, l’architecte qui a dirigé la restauration de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Le premier à s’atteler à la tâche est Édouard Corroyer. Il amène avec lui sa femme de chambre, Anne Boutiaut, qui tombe amoureuse et se marie avec le fils du boulanger du Mont, Victor Poulard. Le couple s’installe sur le Mont avec la bénédiction de Corroyer et y ouvrent un hôtel. Anne Boutiaut, qu’on appelle alors la « mère Poulard », y régale les voyageurs affamés d’un accueil chaleureux et d’une spécialité rapide à cuisiner : les omelettes.

Sous la direction de Corroyer, la construction d’une digue destinée à relier le Mont au continent débute. Auparavant, les voyageurs venaient du nord, de Genêts près d’Avranches, et traversaient la baie à marée basse dans des calèches appelées « maringotes », ou à pied, en passant par l’îlot de Tombelaine. La nouvelle digue dont les travaux s’achèvent en 1879 amène dorénavant les voyageurs depuis le sud, et à toute heure. En effet, le flux des voyageurs n’est plus interrompu par les marées hautes pendant lesquelles la mer vient entourer les remparts. C’est depuis cette époque, qui voit également le développement du chemin de fer et de la photographie, que le Mont devient une grande destination touristique.

Le second architecte en charge des travaux de rénovation est Victor Petitgrand. C’est à lui que l’on doit, entre autres, la nouvelle flèche néo-gothique du Mont-Saint-Michel, qui ressemble beaucoup à celle qu’a construite son mentor Viollet-le-Duc à Notre-Dame de Paris. Pour coiffer l’abbaye de cette nouvelle flèche qui culmine à plus de 150 mètres au-dessus du niveau de la mer, il démonte et reconstruit à neuf la croisée du transept et ses grandes colonnes.

Enfin, le troisième architecte, Paul Gout, s’opposant aux idées de ses prédécesseurs, s’efforcera de restaurer le Mont tout en conservant son authenticité historique, c’est-à-dire en reconstituant et renforçant l’édifice sans ajouter de nouvelles constructions. Il est aussi l’auteur d’un ouvrage de référence sur l’histoire du Mont-Saint-Michel.

Les rénovations sur le Mont se sont poursuivies tout au long du XXe siècle. A ce jour, le dernier épisode de cette épopée architecturale est le rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel. En effet, depuis la fin du XIXe siècle et la construction d’un barrage et de plusieurs digues, l’ilot montois n’avait plus été entouré par la mer. Pire, la baie où trône le Mont-Saint-Michel s’était même ensablée.

Entre 2005 et 2015, des travaux ont remplacé la digue par un pont-passerelle de 760 mètres, et ont installé un barrage sur le Couesnon chargé de déverser de gros volumes d’eau pour repousser les sédiments qui s’amassent au sud de l’îlot montois et désensabler la baie.

3. Influence dans les arts

Aujourd’hui, en allant visiter le Mont-Saint-Michel et sa baie, on peut admirer une merveille architecturale et une merveille naturelle, vivant en symbiose depuis plus de 1000 ans. Cette œuvre d’art unique et grandiose dont la chair-même est le témoin des vicissitudes qui ont marqué son histoire a fasciné les hommes de toutes les époques. Elle continue à le faire d’autant plus aujourd’hui que son âge atteint désormais dix siècles. Dix siècles de félicités et de désastres sans nombre, qui n’ont cessé pourtant d’élever toujours plus haut et de faire rayonner toujours plus loin le Mont-Saint-Michel.


Questions de compréhension

  1. Combien y a-t-il de visiteurs chaque année au Mont-Saint-Michel ?
  2. Selon la tradition, quelle est l’année de fondation du Mont-Saint-Michel en tant que sanctuaire chrétien ?
  3. Combien de cryptes soutiennent l’église ?
  4. Quels sont les différents styles architecturaux des bâtiments qui composent l’abbaye du Mont-Saint-Michel ?
  5. Vrai ou faux ? Le Mont-Saint-Michel a toujours servi de lieu de culte chrétien.
  6. En quelle année le Mont-Saint-Michel a été classé « monument historique » ?
  7. Complétez avec les directions cardinales : Autrefois, les pèlerins accédaient au Mont-Saint-Michel par ______ et entraient dans l’abbaye par __________, mais aujourd’hui, on arrive au Mont par _________ et on entre dans l’abbaye par _______ .
  8. Qui a été chargé de la construction d’une digue reliant le continent à l’ilot du Mont-Saint-Michel ?
  9. Qui a construit la flèche que l’on voit de nos jours ?
  10. Qui a écrit un livre de référence sur l’histoire du Mont-Saint-Michel ?
  11. Vrai ou faux ? Aujourd’hui, le Mont-Saint-Michel n’est plus entouré par la mer.
  12. Donnez le nom des endroits ou parties de l’église numérotés ci-dessous.
    1.
    2.
    3.
    4.
    5.
    6.
    7.
    8.
    9.

Allez en page 2 pour voir les réponses !