Les masques

★Dans cette vidéo, je présente brièvement la situation de l’épidémie de coronavirus en France (au 15 octobre 2020), puis je donne des pistes de réflexion pour débattre de l’usage du masque, si mal-aimé en France alors qu’il est un accessoire banal et quotidien au Japon.
✬In this video, I briefly present the situation of the coronavirus epidemic in France (as of October 15, 2020), then I give some food for thought to discuss the use of the mask, so unloved in France whereas it is a banal and daily accessory in Japan.
☆この動画では、フランスにおけるコロナウィルスの感染状況(2020年10月15日現在)を簡単に紹介します。また、マスクの着用についてディスカッションするための手がかりとなる考察を提供します。日本ではありふれた日常的なアクセサリーであるマスクですが、フランスでは敬遠されています。

Sommaire

  1. Objectifs pédagogiques
  2. Vocabulaire important
  3. Point de grammaire
  4. Vidéo
  5. Transcription
  6. Questions
  7. Aller plus loin
  8. Réponses aux questions de compréhension (page 2)

Objectifs pédagogiques

  1. S’informer sur la situation sanitaire en France
  2. S’approprier le lexique en lien avec la crise sanitaire
  3. Réfléchir sur les usages du masque
  4. Travailler les prépositions à et de (et quelques autres)

Le vocabulaire important

Quels mots connaissez-vous ? Lesquels ne connaissez-vous pas ?

protéger, se protéger, la protection
une infection
une épidémie
la contamination
la propagation
préconiser, -préconisé(e)
préoccuper, – préoccupant(e)
rendre obligatoire
imposer
commettre une infraction
respecter la loi
verbaliser
une amende
un confinement
être réfractaire
être récalcitrant
une connotation

Un point de grammaire

Les prépositions « à » et « de »

Comprenez-vous la différence entre 1) « une cuillère à soupe » et 2) une « cuillère de soupe » ? Dans la première phrase, la cuillère a comme objectif la soupe (c’est une cuillère qui sert à manger/boire de la soupe). Dans la deuxième phrase, la cuillère est pleine de soupe, la cuillère est une quantité de soupe. Ainsi, dans le premier cas, avec « à », on parle d’une certaine cuillère (par rapport à d’autres cuillères), alors que dans le deuxième cas, avec « de », on parle d’une certaine quantité de soupe.

Pour le dire de façon imagée, dans 1), « la soupe » entre dans l’univers sémantique de « la cuillère », alors que dans 2) c’est l’inverse, c’est « la cuillère » qui entre dans l’univers sémantique de « la soupe ».

Dans « X à Y« , « à«  sert à donner une certaine particularité Y à X. Y entre dans l’univers sémantique de X (X est premier, et Y peut donc devenir une destination). La préposition « à » peut marquer une multitude de cas concrets qui correspondent à ce schéma :

  1. l’appartenance
    Ce ruban est à Sophie. / Mon écharpe à moi.
    *L’appartenance avec « à » a une nuance plutôt « faible » : Le sac est à Sophie = il n’est pas à Amélie ou Lucie, mais il pourrait l’être si elle l’avait acheté avant Sophie.
  2. l’utilité
    Une planche à découper (les légumes).
  3. la destination ou le point d’arrivée (temps et espace) ou un lieu où quelque chose est
    Je vais à Tunis / Le Louvre est à Paris.
  4. le moment
    Nous avons rendez-vous à 14 heures.
  5. un ingrédient qui rend un plat spécifique
    Une tarte aux (à+les) fraises.

Dans « X de Y« , Y caractérise aussi X mais à l’inverse de la situation avec « à », X entre dans l’univers sémantique de Y (Y est premier, et Y peut donc devenir une origine). Cette idée s’exprime dans de multiples cas concrets qui correspondent à ce schéma :

  1. la possession
    Le cartable de Jean. Le sac de ma sœur / Ce chien, c’est celui de la voisine.
    *Par rapport à « à », le lien de possession exprimé avec « de » semble « plus fort » : par exemple on dit volontiers : un sac de Chanel, la fille de Monsieur Dupont.
  2. la provenance ou le point de départ (temps et espace)
    Ce fromage vient de France / Le magasin est ouvert du (de+le) mardi au dimanche.
  3. le contenu
    Un verre de bière.
  4. la cause après un verbe
    Je vais mourir de rire.
  5. l’aliment transformé pour faire un plat.
    Une soupe de tomates.

Certains verbes fonctionnent avec à ou de (parfois les deux et ont alors un sens différent) :

verbes avec àverbes avec de
se remettre à
passer à

en venir à
se décider à

s’ajouter à

servir à
étendre à
conseiller à (quelqu’un)…
permettre à (quelqu’un)…
se remettre de
passer de… à….
se protéger de/contre
venir de
décider de
éviter de

se débarrasser de
servir de

de (faire quelque chose)
de (faire quelque chose)

Vidéo

Transcription

En France, le masque est synonyme de maladie, de danger, de risque, voire de punition. Mais au Japon, j’ai appris qu’il pouvait être aussi synonyme de confort, et de sécurité. Aujourd’hui, nous allons parler de cet objet qui est devenu un accessoire quotidien. J’ai nommé, le masque.

***

Bonjour. Comment allez-vous ?

Pour cette fois-ci, j’ai choisi comme thème les masques. Alors pas les masques qu’on met sur le visage pour se déguiser, comme à Halloween, mais ceux qu’on utilise pour se couvrir la bouche et le nez, pour éviter les infections et se protéger des virus notamment.

1. Point sur la situation en France

Vous savez qu’en France, actuellement, une deuxième vague de l’épidémie de coronavirus sévit, et donc que les cas journaliers de contamination se sont remis à augmenter.

C’est une situation préoccupante, et les autorités ont cette fois décidé de mettre en place un couvre-feu c’est-à-dire de limiter grandement les activités nocturnes. Cette mesure vient s’ajouter aux mesures déjà existantes qui ont pour objectif de limiter la propagation du virus parmi la population.

2. Les principales mesures

Ainsi, la première mesure préconisée par le gouvernement reste les gestes barrière.

Ces gestes barrière sont les suivants : se laver les mains très régulièrement, tousser ou éternuer dans son coude ou dans un mouchoir, utiliser un mouchoir à usage unique et le jeter, ne pas se serrer la main et éviter de s’embrasser, respecter une distance sociale d’un mètre au minimum.

Venons-en au port du masque. Le masque a été rendu obligatoire dans les transports en commun dès la période de confinement, c’est-à-dire du 17 mars au 11 mai. A partir du déconfinement, c’est-à-dire après le 11 mai, son utilisation a été élargie à d’autres espaces publics. Ainsi, porter un masque est devenu obligatoire dans les cinémas, les restaurants, les hôtels, les établissements de culte – autrement dit les églises, les synagogues, les mosquées – dans les musées, ainsi que dans les établissements scolaires, comme les collèges, les lycées et l’université. Il est également devenu obligatoire dans les espaces communs des entreprises.

Le port du masque est aussi imposé en extérieur sur une partie ou sur la totalité de la commune dans plus de 10 000 villes et villages.

Sont concernés par cette législation les personnes de 11 ans ou plus. Ainsi, les enfants n’ont pas l’obligation de porter un masque, même si à l’école primaire par exemple, son utilisation est possible.

Enfin, que se passe-t-il si l’on ne respecte pas cette loi, c’est-à-dire si l’on ne porte pas de masque dans un endroit où les masques sont obligatoires ? Dans ce cas, si vous rencontrez un agent de police, celui-ci vous verbalisera et vous aurez à payer une amende qui s’élève à 135 euros. Si dans les 2 semaines qui suivent vous commettez une nouvelle fois la même infraction, votre amende augmentera et passera à 1500 euros. Se débarrasser de son masque, en le jetant par terre dans la rue par exemple, est aussi puni d’une amende qui s’élève à 68 euros, mais qui pourrait bientôt passer à 135 euros également.

Le site du gouvernement français indique comment bien porter son masque. D’abord, avant de le mettre ou de l’enlever, il faut se laver les mains avec de l’eau et du savon, ou bien une solution hydroalcoolique. Ensuite, pour l’enlever comme pour le mettre, il faut tenir le masque par les lanières élastiques. Enfin, il faut changer de masque très régulièrement.

3. Le sentiment des Français et des Japonais vis-à-vis du masque

Mais si j’ai choisi ce thème, c’est surtout parce que le sentiment vis-à-vis du masque est très différent, que l’on soit asiatique, par exemple japonais, ou occidental, par exemple français. En effet, moi-même je n’ai commencé à porter un masque qu’en venant au Japon, et encore pas tout de suite. C’est en venant au Japon, que j’ai découvert son intérêt et ses multiples utilisations. Par exemple, évidemment, en hiver il sert à se protéger des virus et des maladies comme la grippe ou la gastro. Mais il sert aussi plus simplement à se protéger du froid, et du vent froid qui souffle pendant l’hiver. Au printemps, en automne, il sert à se protéger du pollen pour ceux qui sont sensibles ou allergiques.

Avec tous ces avantages, et encore d’autres que j’oublie certainement, comment se fait-il que les Occidentaux, soient si réfractaires à l’utilisation du masque ?

En fait, pour les Français, le masque a une connotation fortement négative. Le masque est synonyme de maladie, de danger, de risque, voire de punition.

Mais il y a une deuxième raison à ce rejet du masque chez les Occidentaux qui est la suivante. Les Occidentaux, et les français en particulier, considèrent le masque comme inutile. Cela parce qu’il ne protège pas complètement des virus et des maladies. Ainsi, parce que sa protection est imparfaite, on le rejette catégoriquement. Les mesures du gouvernement français, au tout début de l’épidémie, en mars et en avril 2020, n’ont fait que renforcer ce préjugé. En effet, les autorités françaises déconseillaient le port du masque pour le public, et sont même allées jusqu’à interdir leur achat à la population.

[Extrait vidéo]

Les masques sont inutiles si vous n’êtes pas malade, si vous n’avez pas été personne-contact, proche de personnes malades.
J’insiste : l’usage du masque en population générale n’est pas recommandé et n’est pas utile.
Je pense qu’il y a un consensus très clair aujourd’hui pour dire : il faut surtout pas avoir de masques pour le grand public, ça n’a pas d’intérêt et c’est même presque faussement protecteur.
Nan, les Français ne pourront pas acheter de masques dans les pharmacies parce que ce n’est pas nécessaire quand on n’est pas malade.

Mais il existe une troisième raison à ce rejet du masque chez les Occidentaux. La connaissez-vous ? Je vous donne un indice.

[Extraits de Bob l’éponge (©Nickelodeon) et de Star Twinckle PreCure (©Toei Animation)]

Alors, vous avez trouvé ? Ou vous avez une petite idée ?

Oui, il semblerait que la communication des émotions passe en Occident davantage par les mouvement de la bouche, alors qu’au Japon c’est la zone des yeux qui est utilisée dans la communication des émotions. Ainsi, le masque gène davantage la communication en Occident qu’au Japon.

Et vous, comment considérez-vous le port du masque ? Avec cette épidémie, est-il devenu un accessoire quotidien ? Ou bien êtes vous toujours récalcitrant à l’idée de le porter ?

Questions

Questions de compréhension

  1. Quelles sont les 3 mesures actuellement mises en place par le gouvernement pour lutter contre l’épidémie ?
  2. Combien y a-t-il eu de périodes de confinement en France (au 15 octobre 2020) ? Donnez les dates.
  3. Dans quels lieux publics doit-on actuellement porter un masque (selon la vidéo) ?
  4. Que faut-il faire pour devoir payer une amende de 1500 euros ?
  5. Quels sont les différents usages possibles pour le masque cités dans la vidéo ?
  6. Le masque est impopulaire dans les pays occidentaux, et notamment en France. Rappelez les trois raisons données dans la vidéo.
  7. Choisissez la préposition qui convient :
    a) Demain, je me remets ( à – de ) la natation.
    b) Il se remet ( à – de ) sa blessure ( de – à ) la jambe.
    c) J’ai acheté ce nouveau sac ( de – à ) main.
    d) Mon père vient (à – de) rentrer ( à – de ) la maison.
    e) J’adore la tarte ( à – de ) la rhubarbe ( à – de ) ce pâtissier.
    f) Chéri, j’ai décidé ( à – de ) vendre la maison !
    g) La mesure a été étendue ( sur – dans – à ) toute la région.
    h) Ce médicament n’est pas efficace ( pour – à – contre ) les virus.
    i) Le port du masque est devenu obligatoire ( dans – sur – en ) ville.
    j) Le maire a imposé une distance sociale d’un mètre minimum ( dans – sur – en) la totalité de la commune.

Vers le débat et la discussion

  1. Connaissez-vous d’autres usages possibles du masque ?
  2. On ne peut pas dire que le masque soit véritablement agréable à porter en toutes circonstances… Qu’est-ce qui peut être désagréable quand on porte un masque ?
  3. Que pensez-vous du discours des autorités françaises déconseillant le masque au début de l’épidémie (fin février/début mars 2020) ?
  4. Que pensez-vous de la théorie selon laquelle le masque gênerait davantage la communication dans les pays occidentaux qu’au Japon ? (intéressant/pas intéressant, d’accord/pas d’accord… )
  5. Comparez ces deux ensembles d’émoticônes (kaomojis en japonais). Lequel est japonais ? Comment ces deux ensembles se distinguent-ils ?
 :)   ;)   :D   :/   :p   :-(    XD   :O

 (^_^)   (*_*)   (;_;)    (T_T)   (@_@)   m(_ _)m   (´・ω・`)   (^^)   ┐(´~`;)┌
  1. Imaginez-vous d’autres raisons à l’origine de la gêne des Français à l’égard du masque ?
  2. Présentez la situation de l’épidémie dans votre pays, ainsi que l’attitude de la population à l’égard du masque et des mesures prises par le gouvernement.en

Aller plus loin :

Article du NY Times qui explique comment fonctionnent les masques (en français) : https://www.nytimes.com/fr/interactive/2020/11/11/science/masques-contre-covid.html